Jara dukkha: la vieillesse

Vieillir, c’est devenir édenté, ridé, courbé, sourd et malvoyant. En d’autres termes, le déclin qui s’est installé, de manière très reconnaissable, dans les agrégats de năma et rupa d’une existence particulière. Cependant, le vieillissement des composants du corps de năma n’est pas aussi apparent. Les signes de vieillissement, tels que la perte de mémoire ne deviennent visibles, généralement pour les proches, que lorsqu’on devient très vieux.

Le vieillissement physique se poursuit tout au long de la vie, mais ne devient très visible que lorsque l’on avance en âge et que l’on n’est plus jeune. Les moins de dix ans n’ont pas le même corps que leurs aînés. L’apparence physique change continuellement. Les jeunes de plus de vingt et trente ans ont une apparence très différente de celle de leurs jeunes années. Ces changements sont des indications du vieillissement en cours. Ici, par vieillissement (jară), nous entendons la décomposition au sens de cheveux gris, etc.

Et qu’est ce, bhikkhous, que le vieillissement? Lorsqu’il y a vieillissement, pour toutes sortes d’êtres, quelle que soit leur sorte d’existence, lorqu’il
deviennent frêles et décrépits, la cassure [de leurs dents], lorsqu’ils
deviennent gris et ridés, la consomption de leur temps de vie, la détérioration de leurs facultés sensorielles? voici, bhikkhous, ce qu’on appelle vieillissement.

DN 22 Mahāsatipaṭṭhāna Sutta

Jară (vieillissement) ne concerne que le moment statique (thiti) des agrégats de năma et rupa et n’a pas d’essence de douleur ou de souffrance telle quelle. Puisqu’il est à l’origine de la souffrance physique et mentale, le Bouddha avait dit que jară (le vieillissement) est un dukkha craintif. Les gens ont vraiment peur de la vieillesse, ils cherchent sans cesse des moyens d’endiguer l’avènement de la vieillesse mais tout cela est vain.

Le déclin est la manifestation «grossière» d’une caractéristique fondamentale de tout phénomène : l’impermanence, anicca.

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