Questions & Réponses

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Depuis plusieurs années, des questions concernant les bases du Bouddhisme reviennent de manière fréquentes entretenant parfois les caricatures. Les réponses tirés de  « Good Question Good Answer », publiée par la Bouddha Dhamma Mandala Society, elles ne représentent en aucune manière un point de vue « définitif » du Bouddhisme Theravada. Mon espoir est que ces réponses, de même que les liens et références vers des suttas et autres textes qui les accompagnent, serviront d’indices utiles pour vous aider à vous diriger dans la bonne direction et ainsi trouver des réponses par vous-même au travers de ce site.

 


Bouddhisme & Bouddha

Question : Qu’est-ce que le bouddhisme ?

Le nom « bouddhisme » vient du mot « budhi » qui signifie « se réveiller » et ainsi le bouddhisme peut être considéré comme « la philosophie de l’Eveil ». Cette philosophie a ses origines dans l’expérience d’un homme, Siddhattha Gotama, connu comme « le Bouddha », qui atteignit lui-même l’Eveil à l’âge de 35 ans. Le bouddhisme a maintenant plus de 2.500 ans et compte environ 380 millions d’adeptes dans le monde. Jusqu’à il y a une centaine d’années, le bouddhisme était essentiellement une philosophie asiatique mais de plus en plus, il gagne des sympathisants en Europe, en Australie et en Amérique.

Le bouddhisme n’est-il donc qu’une philosophie ?

Le mot philosophie vient de deux mots : philo qui signifie « amour » et sophia qui signifie « sagesse ». Donc la philosophie est « l’amour de la sagesse » ou « amour et sagesse », deux définitions qui décrivent le bouddhisme parfaitement. Le bouddhisme enseigne que nous devons essayer de développer pleinement notre capacité intellectuelle afin de pouvoir comprendre clairement les choses. Il nous enseigne aussi à développer amour et bonté afin de pouvoir ressentir de la bienveillance envers tous les êtres. Donc le bouddhisme est une philosophie mais pas seulement une philosophie : c’est la philosophie suprême.

Le Bouddha était-il un dieu ?

Non, ce n’était pas un dieu. Il n’a jamais affirmé être un dieu, le fils d’un dieu ni même le messager d’un dieu. C’était un être humain qui atteignit la perfection puis enseigna que, si nous suivions son exemple, nous pouvons, nous aussi, l’atteindre.

Si le Bouddha n’était pas un dieu, pourquoi certains le vénèrent-ils ?

Il y a différentes façons de vénérer. Quand quelqu’un vénère un dieu, il lui adresse des prières et des offrandes et lui demande des faveurs, croyant que le dieu peut l’entendre, recevoir ses offrandes et exaucer ses prières. Les bouddhistes ne pratiquent pas ce genre de vénération. Une autre façon de vénérer consiste à montrer du respect à quelqu’un ou quelque chose que l’on admire. Quand un professeur entre dans une classe, nous nous levons ; quand nous rencontrons un dignitaire, nous lui serrons la main ; quand l’hymne national est joué, nous saluons. Ce sont là des gestes de respect et de vénération qui indiquent notre admiration pour une personne ou une chose en particulier ; c’est le genre de vénération que les bouddhistes pratiquent. Une statue du Bouddha avec ses mains posées sur les genoux et son sourire plein de compassion nous rappelle notre volonté de développer paix et amour en nous-mêmes ; le parfum de l’encens nous rappelle l’influence pénétrante de la vertu ; la lampe nous rappelle la lumière de la connaissance ; et les fleurs, qui bientôt faneront et mourront, nous rappellent l’impermanence. Quand nous nous prosternons, nous affirmons notre gratitude au Bouddha pour les enseignements qu’il nous a donnés. Telle est la signification de la vénération bouddhiste.

J’ai lu que le bouddhisme est une forme d’hindouisme. Est-ce vrai ?

Non, ce n’est pas le cas. Bouddhisme et hindouisme partagent de nombreux idéaux éthiques, ils utilisent certains termes communs comme les mots karma, samadhi et nirvana, et ils sont tous deux originaires d’Inde. Cela a conduit certaines personnes à penser qu’ils étaient identiques ou très similaires. Mais quand on regarde au-delà des similitudes superficielles, on constate que les deux religions sont distinctes. Par exemple, les hindous croient en un Dieu suprême mais pas les bouddhistes. Un des enseignements centraux de la philosophie sociale hindoue est le système des castes, que le bouddhisme rejette fermement. Le rituel de purification est une pratique hindoue importante mais qui n’a pas sa place dans le bouddhisme. Dans les Ecritures bouddhiques, le Bouddha est souvent décrit comme critique envers ce que les Brahmanes (les prêtres hindous) enseignent, et ces derniers sont également très critiques envers les idées du Bouddha. Ce ne serait pas le cas si bouddhisme et hindouisme étaient identiques.

Quels sont les principaux enseignements du Bouddha ?

Tous les enseignements du Bouddha tournent autour des Quatre Nobles Vérités, comme la jante et les rayons d’une roue tournent autour du moyeu. Elles sont appelées « Quatre » car il y en a quatre, « Nobles » car elles anoblissent ceux qui les comprennent, et « Vérités » car elles se rapportent à la réalité, elles sont vraies.

La Première Noble Vérité est que l’existence est souffrance. Vivre est souffrir. Il est impossible de vivre sans faire l’expérience de la souffrance ou de la détresse. Nous devons endurer la souffrance physique comme la maladie, les blessures, la fatigue, le vieillissement et finalement la mort, et nous devons aussi endurer des souffrances psychologiques comme la solitude, la frustration, la peur, la honte, la déception, la colère, etc.

N’est-ce pas un peu pessimiste ?

Le dictionnaire définit le pessimisme comme une « Disposition d’esprit qui consiste à ne voir que le mauvais côté des choses, à trouver que tout va mal ou que tout va aller mal» ; ou encore comme une « Doctrine selon laquelle, dans le monde, le mal l’emporte sur le bien ». Le bouddhisme n’enseigne ni l’une ni l’autre de ces idées. De même, il ne conteste pas l’existence du bonheur. Il dit simplement que vivre implique des souffrances physiques et psychologiques, ce qui constitue une affirmation si vraie et si évidente qu’elle ne peut être réfutée. Le bouddhisme commence avec une expérience, un fait irréfutable, une chose que nous connaissons tous, que nous avons tous vécue et que nous essayons tous d’éviter. Ainsi, le bouddhisme commence au cœur même des préoccupations de tout être humain : la souffrance et comment l’éviter.

Est-ce que le bouddhisme a un code moral ?

Les Cinq Préceptes sont la base de la moralité bouddhiste. Le premier Précepte est de s’abstenir de tuer ou de blesser les êtres vivants, le second Précepte est de s’abstenir de voler, le troisième est de s’abstenir de toute inconduite sexuelle, le quatrième est de s’abstenir de mentir et le cinquième est de s’abstenir de consommer alcool et autres drogues intoxicantes.[/fruitful_alert

Qu’est-ce que le Bouddha enseigna au sujet de la magie et de la divination ? [fruitful_alert type="alert-success"]Il considérait que les pratiques telles que la divination, les amulettes et charmes de protection, choisir un lieu ou une date en fonction d’influences magiques, étaient des superstitions inutiles et il a clairement interdit à ses disciplines de les pratiquer. Il les désignait comme des ‘arts de bas étage’. Il a dit :

« Alors que certains religieux, tout en vivant de la nourriture offerte par les fidèles, gagnent leur existence en pratiquant ces arts de bas étage, ces moyens d’existence incorrects comme la chiromancie, la divination, l’interprétation des rêves … les sorts pour provoquer bonne ou mauvaise fortune … le choix d’un lieu propice à une construction, le moine Gotama s’abstient des ces arts inférieurs, de ces moyens d’existence incorrects. » D.I 9-12

Renaissances

Est-ce qu’il y a une âme ou un soi qui passe d’un corps à l’autre quand quelqu’un renaît ?

Pas d’après le Bouddha. En fait, il a enseigné que la croyance en une âme éternelle ou un soi éternel était une illusion créée par l’ego et qui renforce l’ego. Quand nous voyons qu’il n’y a pas de soi éternel, l’égoïsme, le narcissisme, la vanité et l’égocentrisme disparaissent. L’individu n’est pas un roc solide mais un  flot mouvant.

Je  reste sceptique au sujet de la renaissance.

Aucun problème. Le bouddhisme n’est pas le genre de religion qui exige que vous vous engagiez à  croire tous les enseignements donnés. A quoi rimerait de se forcer à croire en quelque chose que vous ne  trouvez pas crédible ? Vous pouvez pratiquer les enseignements que vous trouvez efficaces, accepter les idées que vous comprenez et dont vous pouvez bénéficier, sans croire en la renaissance. Qui sait ? En son temps,  vous pourrez réaliser la vérité de la renaissance.

Méditation

Qu’est-ce que la méditation ?

La méditation est un effort conscient pour changer la façon dont l’esprit fonctionne. Le mot pāli  pour méditation est bhâvanâ, ce qui signifie « faire grandir » ou « développer ».

Combien de temps dois-je méditer ?

Il est conseillé de méditer 15 minutes par jour pendant une semaine, puis d’ajouter 5 minutes chaque semaine jusqu’à atteindre 45 minutes par jour. Apres quelques semaines de pratique quotidienne, vous constaterez que votre concentration s’améliore.

Ai-je besoin d’un maître pour apprendre la méditation ?

Réponse : Un maître n’est pas absolument nécessaire mais les conseils personnels d’une personne familière avec la méditation sont certainement utiles. Malheureusement, certains moines ou autres se déclarent  « maîtres de méditation » alors qu’ils ne savent tout simplement pas de quoi ils parlent. Essayez de trouver un  maître qui ait une bonne réputation, à la personnalité équilibrée et qui adhère étroitement aux enseignements  du Bouddha.

J’ai entendu dire qu’aujourd’hui la méditation est utilisée couramment par les psychiatres et les  psychologues. Est-ce vrai ?

Oui, c’est vrai. La méditation est reconnue comme ayant un effet thérapeutique bénéfique sur l’esprit et elle est utilisée par de nombreux professionnels de la santé mentale afin d’aider à la relaxation, de  guérir des phobies, et d’améliorer la conscience de soi. Les découvertes du Bouddha sur l’esprit humain aident les gens autant aujourd’hui qu’autrefois.

Végétarisme

Les Bouddhistes devraient être végétariens, n’est-ce pas ?

Pas nécessairement. Le Bouddha n’était pas végétarien, il ne demandait pas à ses disciples d’être végétariens et, même aujourd’hui, il y a beaucoup de bons bouddhistes qui ne sont pas végétariens. Dans les Ecritures bouddhiques, il est dit :

« Etre dur, sans pitié, médisant, blesser un ami, être sans cœur, arrogant et avide – cela nous rend impurs, mais pas manger de la viande. « Avoir une conduite immorale, refuser de rembourser ses dettes, tricher en affaires, causer des divisions parmi les gens – cela nous rend impurs, mais pas manger de la viande. » Sn. 246-7

Mais si vous mangez de la viande, vous êtes responsable de la mort des animaux. N’est-ce pas contraire au Premier Précepte ?

Il est vrai que quand on mange de la viande, on est indirectement ou partiellement responsable de la mort d’une créature mais c’est aussi vrai quand on mange des légumes. Le fermier doit asperger sa récolte d’insecticide et autres poisons de manière à ce que les légumes arrivent sur vos assiettes sans défauts. Et une fois encore, des animaux ont été tués pour fournir le cuir de vos ceintures et sacs, l’huile de vos savons, et des milliers d’autres produits. Il est impossible de vivre sans être, d’une manière ou d’une autre, responsable de la mort d’autres êtres vivants. Ceci est un encore un autre exemple de la première Noble Vérité : l’existence ordinaire est souffrance et frustration. Quand vous prenez le Premier Précepte, vous essayez d’éviter d’être directement responsable de la mort d’êtres vivants.

 

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