Les Quatres Nobles Vérité

avatarCe fut le premier sermon du Bouddha après son Éveil

Directement liées à l’Éveil du Bouddha et constituant la base immuable de tous ses Enseignements, elles sont exposées dans le Dhammacakkappavattana Sutta (le Sermon sur la mise en route de la Roue de la Loi) que l’école Theravaada considère comme la quintessence de l’Enseignement du Bouddha. Ce fut le premier sermon du Bouddha après son Éveil. On peut considérer que tous les autres points de la doctrine bouddhique ne sont que de corollaires de ces quatre Vérités. Ces vérités sont qualifiées de nobles (ārya) car elles prétendent exprimer l’ensemble de la vérité universelle, et doivent mener à la libération complète et définitive des individus.

Que nous devions, toi et moi, voyager et peiner au cours de ce long périple, provient de notre incapacité à découvrir, pénétrer quatre vérités. Quelles sont-elles ? Ce sont :

  1. La Noble Vérité de la Souffrance
  2. La Noble Vérité de l’Origine de la Souffrance
  3. La Noble Vérité de la Cessation de la Souffrance
  4. La Noble Vérité de la Voie qui mène à la Cessation de la Souffrance.

DN 16 Maha-parinibbana Sutta 

Référence constante des pratiquants, elles ne doivent pas être considérées comme des vérités dogmatiques à s’approprier sans examen mais comme des outils d’analyse et d’observation approfondie de la réalité. L’Enseignement du Bouddha repose sur une constatation très simple : l’inadéquation entre la réalité du monde et notre volonté de le modeler selon nos impulsions égocentriques. On peut les présenter ainsi :

  1. Dukkha: Le déséquilibre générateur d’insatisfaction ou de souffrance, est omniprésent, l’harmonie est perpétuellement remise en question
  2. Samudaya: L’origine de l’insatisfaction est l’attachement au désir égocentrique, la “soif” insatiable d’être et de posséder (tanhaa)
  3. Nirodha: La cessation de l’esclavage du désir est possible, elle conduit au nibbaana
  4. Magga: Le chemin menant à cette cessation est le “Noble Octuple Sentier” reposant sur les trois fondations : Sagesse, Vertu, Concentration

Les Quatre Nobles Vérités désignent la réalité vraie de la condition humaine. Elles sont merveilleuses, parce qu’en même temps qu’elles montrent les aspects dramatiques de cette condition, elles indiquent aussi les moyens de s’en préserver.

Ces quatre nobles vérités sont souvent comparées au discours d’un médecin. Le Bouddha guérit l’humanité de ses maux. Il énonce donc d’abord un diagnostic, recherche la cause de la maladie, voit si la guérison est possible et prescrit un remède.

C’est l’avidité qui renouvelle l’existence, accompagnée du plaisir et de la convoitise, qui trouve toujours par ci par là de nouvelles jouissances : en d’autres termes, la soif pour les désirs sensuels, la soif d’existence, la soif de non-existence. Mais quel est le terreau de cette avidité qui lui permet d’apparaître et de s’épanouir ? Partout où il y a une apparence de plaisir et de satisfaction, c’est là qu’elle surgit et prospère.

La cause : l’attirance vers la flamme qui consume

Ce désir ardent, cette “soif ” (tanhaa), cette attirance irrésistible, conduit à l’esclavage, à l’emprise totale du monde des sens sur l’esprit. La soif est conditionné par la sensation (vedana) et engendre l’apparition de l’attachement (upadana) Elle est déclinée en trois types:

  1. kama-tanha:  appétence pour les expériences sensuelles agréables
  2. bhava-tanha: appétence pour le processus d’existence
  3. vibhava-tanha: appétence pour la non-existence

La cessation : l’extinction de la flamme 

Lorsque la cause du trouble est perçue il existe une possibilité de guérison. De la même manière, au-delà du chaos des désirs incontrôlés suscités par tanhaa, réside un havre de repos: nibanna.

Le nibanna est la cessation de ce que l’on nomme les trois poisons : ignorance (moha), avidité ( lohba) et haine (dosa). Même si ce but paraît lointain, voire irréalisable, il est néanmoins possible d’en goûter la saveur en expérimentant les résultats bénéfiques des différentes voies ou pratiques décrites dans la troisième noble Vérité.

Le chemin : le choix de la Voie royale

L’Enseignement du Bouddha étant avant tout une pratique de vie, une science de l’esprit et non un système philosophique dénué de toute application existentielle, il existe un moyen de réaliser les trois nobles vérités précédentes: le Noble Octuple Sentier

Dans sa présentation traditionnelle, ces huit entraînements du Chemin sont proposés sous la forme de trois « rubriques »:

  • Sila: vertu
  • Samadhi: concentration
  • Panna: sagesse

Malheureusement, sur les huit branches ou « entraînements » proposés, seule la «méditation» semble intéresser la grande majorité des pratiquants bouddhistes occidentaux. Or cette « méditation » ne recouvre que deux de ces huit branches à savoir : l’attention juste et la concentration juste mais les autres sont aussi importantes et sans elles, la méditation n’est pas une méditation bouddhique eu sens noble du terme.