La vue juste

La vue juste ou compréhension juste est le premier de les huit éléments de la voie dans le Noble Octuple Sentier, et appartient à la division de la sagesse dans la voie.

 

Définition

Et qu’est-ce, bhikkhus, que la compréhension juste? C’est la connaissance de la Souffrance, la connaissance de la Cause de la Souffrance, la connaissance de la Cessation de la Souffrance, la connaissance de la voie menant à la cessation de la souffrance. Ceci, bhikkhus, est appelé compréhension juste.

DN 22 [Mahasatipatthana Sutta]

 

Les conséquences des vues erronées …

« Chez une personne aux vues erronées, les résolutions erronées apparaissent. Chez une personne aux résolutions erronées, la parole erronée . Chez une personne à la parole erronée, les actions erronées. Chez une personne aux actions erronées , les moyens d’existence erronés. Chez une personne aux moyens d’existence erronés  , les efforts erronés . Chez une personne aux efforts erronés , l’attention erronée. Chez une personne à l’attention erronée , la  concentration erronée . Chez une personne à la concentration erronée , la compréhension erronée . Chez une personne à la compréhension erronée, la délivrance erronée.

«Voilà comment de l’erreur survient échec, pas le succès. »

 AN 10.103 [Micchatta Sutta]

 

et de la vue juste…

Lorsqu’une personne a une diṭṭhi juste, qu’elle produit des intentions justes, des paroles justes, des actions justes, des moyens d’existence incorrects, des efforts incorrects, une attention juste, une concentration juste, une connaissance juste, et une libération juste, alors quelque action corporelle qu’elle entreprenne en accord avec cette diṭṭhi, quelques paroles qu’elle prononce en accord avec cette diṭṭhi, quelque action mentale qu’elle entreprenne en accord avec cette diṭṭhi, quelques intentions, quelques déterminations, quelques vœux, quelques saṅkhāras, tous mènent à ce qui est agréable, plaisant, charmant, profitable et aisé. Pourquoi cela? Parce que la diṭṭhiest bonne.

Tout comme lorsqu’une graine de canne à sucre, une graine de riz ou une graine de raisin est placée dans un sol humide, quelque soient les nutriments qu’elle prenne du sol et de l’eau, tous conduisent à sa douceur, à sa bonne saveur, et à sa succulence. Pourquoi cela? Parce que la graine est bonne.

De la même manière, lorsqu’une personne a une diṭṭhi juste, qu’elle produit des intentions justes, des paroles justes… tous mènent à ce qui est agréable, plaisant, charmant, profitable et aisé. Pourquoi cela? Parce que la diṭṭhi est bonne.

AN 10.104 [Bija Sutta]

Un fourré de vues erronées

Parce qu’il considère les choses qui ne devraient pas être considérées et qu’il ne considère pas les choses qui devraient être considérées, les impuretés de l’esprit qui n’étaient pas encore apparues apparaissent en lui et lesimpuretés de l’esprit qui étaient déjà apparues se renforcent.

Il considère à mauvais escient des choses telles que: ‘Existais-je dans le passé?’, ‘N’existais-je pas dans le passé?’, ‘Qui étais-je dans le passé?’, ‘Comment étais-je dans le passé?’, ‘Dans le passé, ayant été qui, que suis-je devenu ensuite (dans une existence ultérieure)?’, ‘Existerai-je dans le futur?’, ‘N’existerai-je pas dans le futur?’, ‘Qui serai-je dans le futur?’, ‘Comment serai-je dans le futur?’, ‘Dans le futur ayant été qui, que deviendrai-je ensuite (dans une existence ultérieure)?’ Et en ce qui concerne le présent, il est également sujet au doute: ‘Existé-je?’, ‘N’existé-je pas?’, ‘Qui suis-je?’, ‘Comment suis-je?’, ‘D’où cet être provient-il?’, ‘Où ira-t-il?’.

Chez celui qui considère ainsi à mauvais escient, l’une de ces six vues incorrectes apparaît en lui. La vue:’Mon moi existe’ lui apparaît vraie et sûre. Ou bien la vue: ‘Mon moi n’existe pas’ lui apparaît vraie et sûre. Ou bien la vue: ‘Je perçois le moi au moyen du moi’ lui apparaît vraie et sûre. Ou bien la vue: ‘Je perçois le non-moiau moyen du moi’ lui apparaît vraie et sûre. Ou bien la vue: ‘Je perçois le moi au moyen du non-moi’ lui apparaît vraie et sûre. Ou bien la vue: ‘Mon moi parle, connaît et subit ici et là les conséquences des actions avantageuses et désavantageuses. Mon moi est permanent, stable, durable, incorruptible, et il demeurera éternel comme toutes les choses permanentes’.

Ceci, bhikkhus est appelé le taillis des vues, la jungle des vues, l’entortillement des vues, l’agitation des vues, l’entrave des vues. Ligoté à l’entrave des vues, l’individu ordinaire non instruit ne peut échapper à la naissance, au vieillissement, à la mort, à la tristesse, aux lamentations, au mal-être, à la douleur mentale et au désespoir; il n’échappe pas à la souffrance, je vous le dis.

Le noble disciple instruit, bhikkhus, qui voit les êtres nobles, qui est exercé dans le Dhamma des êtres nobles, qui est discipliné dans le Dhamma des êtres nobles, qui voit les hommes de valeur, qui est exercé dans leDhamma des hommes de valeur, qui est discipliné dans le Dhamma des hommes de valeur, distingue les chosesqui devraient être considérées des choses qui ne devraient pas être considérées. Distinguant les choses qui devraient être considérées des choses qui ne devraient pas être considérées, il ne considère pas les choses qui ne devraient pas être considérées et il considère les choses qui devraient être considérées.

MN 2 [Sabbasava Sutta]

Quand on a la connaissance est vraiment nôtre

– ‘Vue correcte, vue correcte’, dit-on, Bhante. De quelle manière, Bhante, y a-t-il vue correcte?

– Le monde, Kaccāna, dépend en majeure partie d’un dilemme: la notion d’existence et la notion de non-existence. Mais pour celui qui, avec la sagesse correcte, voit l’apparition du monde tel qu’il est vraiment, il n’y a pas de notion de non-existence en rapport au monde, et pour celui qui, avec la sagesse correcte, voit l’extinction du monde tel qu’il est vraiment, il n’y a pas de notion d’existence en rapport au monde.

Le monde, Kaccāna, est en majeure partie enchaîné à des systèmes [de pensée] et est emprisonné par des dogmes. Mais celui-là [qui possède la sagesse correcte] ne prend pas part à cet attachement aux systèmes, à cette obstination mentale et aux préjugés dogmatiques, il ne s’y attache pas, il n’affirme pas: ‘Ceci est moi-même’. Il sait sans éprouver aucun doute ni aucune hésitation que tout ce qui apparaît n’est rien d’autre que souffrance (dukkha), que ce qui cesse n’est rien d’autre que souffrance. Et cette connaissance lui est propre, elle ne dépend de personne d’autre. C’est de cette manière, Kaccāna, qu’il y a vue correcte.

SN 12.15 [Kaccanagotta Sutta]

Abandonner le malhabile, cultiver l’habile

« Ne vous fiez pas aux rapports, aux légendes, aux traditions, aux écritures, à la conjecture logique, à l’inférence, aux analogies, à un accord atteint au moyen de vues pondérées, à la probabilité, ou à la pensée que, ‘Ce contemplatif est notre maître.’ Lorsque vous savez par vous-mêmes que, ‘Ces qualités sont maladroites; ces qualités sont blâmables; ces qualités sont critiquées par les sages; ces qualités, lorsque on les adopte et qu’on les met en oeuvre, conduisent à mal et à la souffrance’ — alors vous devriez les laisser tomber…

« Lorsque vous savez par vous-mêmes que, Ces qualités sont adroites; ces qualités sont exemptes de blâme; ces qualités sont louées par les sages; ces qualités, lorsqu’on les adopte et qu’on les met en oeuvre, conduisent au bien-être et au bonheur’ — alors vous devriez entrer et demeurer en elles. »

AN 3.65 [Kalama Sutta]