Bouddha

« Certes, le Béni du Ciel est honorable et correctement éveillé par lui-même, accompli en connaissance et en comportement, bien-allé, expert par rapport au monde, sans pareil en tant qu’entraîneur de ces personnes dignes d’être domptées, l’Enseignant des êtres divins et humains, éveillé, béni. »

AN 11.12

Cette sélection d’extraits du Canon Pali fournit une ébauche de la vie du Bouddha. J’espère  que cette anthologie vous permette de vous faire une idée à la fois de l’étendue de l’enseignement du Bouddha et de la trajectoire de sa vie extraordinaire.

Pour comprendre la vie du Bouddha de façon exhaustive, il existe un eBook de l’ascète Isi Dhamma disponible sur le site Dhammadana.org

  • Le Bodhisatta (Bouddha en devenir)
  • L’Eveil
  • Après l’Eveil
  • Quarante-cinq années d’enseignement
  • Les derniers jours du Bouddha
  • Post-scriptum: Les nombreux noms du Bouddha

 

Le Bodhisatta (Bouddha en devenir)

Asita, le voyant, visite le prince nouveau-né

[Date: -80 EB]

Asita le voyant, dans sa méditation de la mi-journée,
vit les devas du Groupe des Trente
— exultants, extatiques —
habillés de blanc pur, à honorer Indra,
dressant des bannières, poussant des exclamations enthousiastes,
et en voyant les devas si joyeux et heureux,
ayant offert ses respects, il dit:

« Pourquoi la communauté des devas est-elle
si follement exaltée?
Pourquoi dressent-ils des bannières
et les agitent-ils partout?
Même après la guerre avec les Asuras (les Titans)
— lorsque la victoire fut celle des devas’,
les Asuras battus —
même là il n’y eut pas d’excitation comme celle-là.
Quelle merveille ont-ils vu
pour être si joyeux?
Ils crient,
ils chantent,
font de la musique,
battent des mains,
dansent.
Je vous demande donc, vous qui vivez au sommet du mont Mérou.
Enlevez-moi vite d’un doute, chers messieurs. »

« Le Bodhisatta, le plus important joyau,
inégalé,
est né pour le bien-être et l’aise
du monde des humains,
dans un village de la campagne Sakyenne,
Lumbini.
C’est pourquoi nous sommes tous si follement exaltés.
Lui, le plus haut de tous les êtres,
la personne suprême,
un taureau parmi les hommes, le principal de tous les gens,
fera tourner la Roue [du Dhamma]
dans le bosquet nommé d’après les voyants,
comme un lion fort et rugissant,
le conquérant des bêtes. »

En entendant ces paroles,
Asita redescendit rapidement [du ciel]
et s’en alla chez Suddhodana.
Là, prenant un siège, il dit aux Sakyans:
« Où est le prince?
Moi aussi, je veux au voir. »
Les Sakyans alors montrèrent
au voyant nommé Asita
leur fils, le prince,
comme ou brillant,
bruni par un très habile orfèvre
dans la gueule d’une fournaise,
flambant de gloire, sans défaut en couleur.
En voyant le prince flambant comme flamme,
pur comme le taureau des étoiles
passant à travers le ciel
— le soleil brûlant,
dégagé des nuages de l’automne —
il exulta, rempli d’un abondant ravissement.
Les devas tinrent dans le ciel
une ombrelle à plusieurs branches
d’un millier de cercles.
Des chasse-mouches à la poignée en ou
s’agitaient de haut en bas,
mais ceux qui tenaient ces chasse-mouches et ces ombrelles
sur ne les pouvait voir.
Le voyant aux cheveux feutrés
nommé Sombre Splendeur,
en voyant le garçon, comme un ornement en ou
sur la couverture en laine rouge,
une blanche ombrelle tenue au-dessus de sa tête,
le reçut, heureux et content.
Et en recevant le taureau des Sakyans,
avec grâce, le maître des mantras et des signes
s’exclama d’un esprit confiant:
« Celui-ci est insurpassé,
le plus haut de la race bipède. »
Alors, prévoyant son propre départ imminent,
lui, dépité, versa des larmes.
En le voyant pleurer,
les Sakyans demandèrent:
« Mais il n’y aura sûrement
aucun danger pour le prince? »
En voyant la préoccupation des Sakyans
il répliqua, « Je ne prévois pour le prince
aucun mal.
Ni n’y aura-t-il pour lui le moindre danger.
Celui-ci n’est pas de bas rang: soyez-en assurés.
Ce prince touchera
à l’ultime éveil par soi-même.
Lui, en voyant la plus grande pureté,
fera tourner la Roue du Dhamma
par sympathie pour le bien-être du plus grand nombre.
Sa vie sainte s’étendra, lointaine et vaste.
Mais pour moi,
ma vie ici n’en a plus pour longtemps;
ma mort aura lieu bien avant.
Je ne pourrai pas entendre
le Dhamma de celui-ci au rôle sans pareil.
C’est pourquoi je suis frappé,
affligé, et attristé. »

SN 3.11 [Nalaka Sutta]


Le jeune prince se désenchante de sa vie de luxe

« Bikkhus, je vivais dans le raffinement, le plus grand raffinement, le plus total raffinement. Mon père avait même fait installer des étangs de lotus dans notre palais: l’un où des lotus rouges fleurissaient, un autre où des lotus blancs fleurissaient, et un autre où des lotus bleus fleurissaient, tout ça juste pour moi. Je n’utilisais pas d’autre bois de santal que celui de Varanasi. Mon turban était de Varanasi, de même que ma tunique, mes bas de vêtements, et mon manteau d’extérieur. Jour et nuit on tenait au-dessus de moi une blanche ombrelle pour me protéger du froid, de la chaleur, de la poussière, de la saleté, et de la rosée.

« J’avais trois palais: un pour la saison froide, un pour la saison chaude, un pour la saison des pluies. Durant les quatre mois de la saison des pluies des ménestrels me divertissaient dans le palais de la saison des pluies sans qu’il y ait un seul homme parmi eux, et sans que je ne descende ne fut-ce qu’une seule fois de ce palais. Cependant qu’aux serviteurs, travailleurs, et domestiques dans les maisons des autres on donne à manger des repas de lentilles et de riz concassé, chez mon père, aux serviteurs, travailleurs, et domestiques on donnait à manger du blé, du riz et de la viande.

« Quoique doté d’une telle fortune, d’un aussi total raffinement, la pensée m’est venue que: ‘Lorsqu’une personne ordinaire ignorante, elle-même sujette au vieillissement, qui n’est pas au-delà du vieillissement, en voit une autre qui est âgée, elle est horrifiée, humiliée, et dégoûtée, oublieuse qu’elle même aussi est sujette au vieillissement, qu’elle n’est pas au-delà du vieillissement. Si moi — qui suis sujet au vieillissement, qui ne suis pas au-delà du vieillissement — devais être horrifié, humilié, et dégoûté en voyant une autre personne qui est âgée, cela ne serait pas digne de moi.’ Comme je remarquais ceci, la [typique] infatuation des jeunes gens pour leur jeunesse m’est entièrement passée.

« Quoique doté d’une telle fortune, d’un aussi total raffinement, la pensée m’est venue que: ‘Lorsqu’une personne ordinaire ignorante, elle-même sujette à la maladie, qui ne suis pas au-delà la maladie, en voit une autre qui est malade, elle est horrifiée, humiliée, et dégoûtée, oublieuse qu’elle même aussi est sujette à la maladie, qu’elle n’est pas au-delà la maladie. Et si moi — qui suis sujet à la maladie, qui ne suis pas au-delà de la maladie — devais être horrifié, humilié, et dégoûté en voyant une autre personne qui est malade, cela ne serait pas digne de moi.’ Comme je remarquais ceci, l’infatuation des gens en santé pour leur santé m’est entièrement passée.

« Quoique doté d’une telle fortune, d’un aussi total raffinement, la pensée m’est venue que: ‘Lorsqu’une personne ordinaire ignorante, elle-même sujette à la mort, qui n’est pas au-delà la mort, en voit une autre qui est morte, elle est horrifiée, humiliée, et dégoûtée, oublieuse qu’elle même aussi est sujette à la mort, qu’elle n’est pas au-delà la mort. Et si moi — qui suis sujet à la mort, qui ne suis pas au-delà de la mort — devais être horrifié, humilié, et dégoûté en voyant une autre personne qui est morte, cela ne serait pas digne de moi.’ Comme je remarquais ceci, l’infatuation des personnes vivantes pour la vie m’est entièrement passée »

AN 3.38 [Sukhamala Sutta]


 

A 29 ans, le jeune prince s’en va pour l’errance

[Date: -51 EB]

« Avant mon Eveil, lorsque j’étais encore un Bodhisatta non-éveillé, la pensée m’est venue que: ‘La vie domestique est encombrée, c’est une route poussiéreuse. La vie lorsqu’on en est parti est au grand air. Il n’est pas facile, quand on habite un foyer, de mener la vie sainte qui est totalement parfaite, totalement pure, comme une coquille polie. Qu’en serait-il si moi, après avoir rasé mes cheveux et ma barbe et avoir endossé la robe ocre, je devais quitter la vie domestique pour l’errance?’

« Donc, plus tard, lorsque j’étais encore jeune, les cheveux noirs, doté des bénédictions de la jeunesse dans le premier stade de la vie, après avoir rasé mes cheveux et ma barbe — quoique mes parents auraient voulu qu’il en soit autrement et s’affligeaient avec des larmes sur le visage — j’ai endossé la robe ocre et j’ai quitté la vie domestique pour l’errance. »

MN 36 [Maha Saccaka Sutta]


 

Des passants remarquent sa sereine radiance et sa capacité d’attention

En quittant la maison,
il a évité de mauvaises actions dans le corps.
En mettant un terme à l’inconduite verbale,
il a purifié sa façon de vivre.
Alors lui, le Bouddha, s’en alla à Rajagaha,
la forteresse de montagne des Magadhans,
et partit demander l’aumône,
doté de toutes les marques d’éminence.
Le roi Bimbisara, debout en son palais, le vit,
et en le voyant, accompli dans les marques,
il dit: « Voyez celui-ci, messieurs.
Qu’il est beau, imposant, pur!
Que son attitude est accomplie!
Attentif, les yeux baissés,
ne regardant devant lui que d’une longueur de charrue,
comme quelqu’un qui n’est pas de vile lignée:
Envoyez de suite les messagers royaux
pour voir où ira ce bikkhu. »

Eux — les messagers dépêchés —
le suivirent.
« Où ira ce bikkhu?
Où trouvera-t-il à s’installer? »
comme il s’en allait de maison en maison —
maître de lui, les portes des sens bien gardées,
attentif, vigilant —
son bol vite rempli.
Alors lui, le sage, completant sa tournée d’aumônes,
quitta la cité, se dirigea vers le Mont Pandava.
« C’est là qu’il demeurera. »
Le voyant rentrer à son lieu de séjour,
trois messagers s’assirent,
pendant que l’un d’eux retournait avertir le roi.
« Ce bikkhu, votre majesté,
sur les flancs du Pandava,
est assis comme un tigre, un taureau,
un lion dans un ravin de montagne. »

SN 3.1 [Pabbaja Sutta]


 

Un roi se demande: « Pourquoi es-tu parti? »

En entendant les paroles du messager,
le noble roi guerrier
tout droit s’en alla par char royal,
au Mont Pandava.
Montant aussi loin que pouvait aller le char,
il descendit, continua à pied,
et en arrivant s’assit.
Assis là,
il échangea des salutations courtoises,
puis il dit:
« Tu es jeune, juvénile,
dans le premier stade de la jeunesse,
doté de la stature et du teint
d’un noble-guerrier.
Tu paraîtrais glorieux
dans l’avant-garde d’une armée,
équipé d’un escadron d’éléphants.
Je t’offre la richesse : profite-z-en.
Je m’enquiers de ta la naissance : informe moi. »

« Droit devant, votre majesté,
au piedmont des Himalayas,
est un pays accompli
en énergie et richesse,
habité par les Kosalans:
Solaire par le clan,
Sakyans par la naissance.
De ce lignage je suis parti,
mais pas à la recherche des plaisirs sensuels.
Voyant le danger des plaisirs sensuels
— et le renoncement comme un repos —
Je vais m’efforçant.
C’est en cela que se réjouit mon coeur. »

SN 3.1 [Pabbaja Sutta]


 

Le Bodhisatta surpasse bientôt les accomplissements de ses maîtres

« Etant parti à la recherche de ce qui pourrait être adroit, à la recherche de l’état sans pareil de paix sublime, Je m’en allai voir Alara Kalama et, en arrivant, lui dis: ‘Ami Kalama, Je veux pratiquer dans cette doctrine et discipline.’

« Lorsque ceci fut dit, il me répondit, ‘Tu peux rester ici, mon ami. Cette doctrine est telle qu’une sage personne peut rapidement entrer et demeurer dans la connaissance de son propre maître, l’ayant réalisé par elle-même par connaissance directe.’

« Il ne me fallut pas longtemps pour apprendre la doctrine. En autant qu’il s’agissait de réciter sur les lèvres et de répéter, je pouvais dire les paroles de connaissance, les paroles des anciens, et je pouvais affirmer savoir et voir — moi, de même que d’autres.

« Je pensai: ‘Ce n’est pas seulement par simple conviction qu’Alara Kalama déclare, « Je suis entré et je demeure dans ce Dhamma, l’ayant réalisé par moi-même par connaissance directe. » Certainement il demeure dans la connaissance et dans la vision de ce Dhamma.’ Aussi allai-je vers lui et dis, ‘Dans quelle mesure déclarez-vous être entré et demeurer dans ce Dhamma?’ Lorsque ceci fut dit, il déclara la dimension de la vacuité.

« Je pensai: ‘Non seulement Alara Kalama a la conviction, la persévérance, l’attention, la concentration, et le discernement. Moi aussi, j’ai la conviction, la persévérance, l’attention, la concentration, et le discernement. Qu’en serait-il si je devais entreprendre de réaliser par moi-même le Dhamma dont Alara Kalama déclare qu’il y est entré et y demeure, l’ayant réalisé par lui-même par connaissance directe.’ Il ne me fallut donc pas longtemps auparavant I quickly pénétra dans et dwelled dans ce Dhamma, l’ayant réalisé par moi-même par connaissance directe. J’allai le voir et lui dis, ‘Ami Kalama, est-ce que ceci est la mesure dans laquelle vous êtes entré et demeurez dans ce Dhamma, l’ayant réalisé par vous-même par connaissance directe?’

« Oui, mon ami…’

« ‘Ceci, ami, est la mesure dans laquelle moi aussi, je suis entré et je demeure dans ce Dhamma, l’ayant réalisé par moi-même par connaissance directe.’

« ‘C’est là un gain pour nous, mon ami, un grand gain pour nous, que nous ayons un tel compagnon dans la vie sainte. Donc le Dhamma dont je déclare que j’y suis entré et que j’y demeure, l’ayant réalisé par moi-même par connaissance directe, est le Dhamma dont tu déclares que tu y es entré et que tu y demeures, l’ayant réalisé par toi-même par connaissance directe. Et le Dhamma dont tu déclares que tu y es entré et que tu y demeures, l’ayant réalisé par toi-même par connaissance directe, est le Dhamma dont je déclare que j’y suis entré et que j’y demeure, l’ayant réalisé par moi-même par connaissance directe. Le Dhamma que je connais est le Dhamma que tu connais; le Dhamma que tu connais est le Dhamma que je connais. Comme je suis, ainsi es-tu; comme tu es, ainsi suis-je. Viens ami, dirigeons désormais cette communauté ensemble.’

« C’est ainsi qu’Alara Kalama, mon maître, me plaça, moi, son élève, sur le même niveau avec lui-même et me fit grand honneur. Mais la pensée me vint que, ‘Ce Dhamma ne conduit pas au désenchantement, au sans-passion, à la cessation, à au calme, à la connaissance directe, à l’Eveil, ni à la Libération (nibbana), mais seulement à la réapparition dans la dimension de la vacuité.’ Donc, insatisfait de ce Dhamma, je le quittai.

« A la recherche de ce qui pourrait être adroit, à la recherche de l’état sans pareil de paix sublime, j’allai voir Uddaka Ramaputta et, en arrivant, lui dis: ‘Ami Uddaka, Je veux pratiquer dans cette doctrine et discipline.’

« Lorsque ceci fut dit, il me répondit, ‘Tu peux rester ici, mon ami. Cette doctrine est telle qu’une sage personne peut rapidement entrer et demeurer dans la connaissance de son propre maître, l’ayant réalisé par elle-même par connaissance directe.’

« Il ne me fallut pas longtemps pour apprendre la doctrine. En autant qu’il s’agissait de réciter sur les lèvres et de répéter, je pouvais dire les paroles de connaissance, les paroles des anciens, et je pouvais affirmer savoir et voir — moi, de même que d’autres.

« Je pensai: ‘Ce n’était pas seulement par simple conviction que Rama a déclaré, « Je suis entré et je demeure dans ce Dhamma, l’ayant réalisé par moi-même par connaissance directe. » Certainement il demeurait dans la connaissance et dans la vision de ce Dhamma.’ J’allai donc voir Uddaka et dis, ‘Dans quelle mesure Rama a-t-il déclaré être entré et demeurer dans ce Dhamma?’ Lorsque ceci fut dit, Uddaka déclara la dimension de ni perception ni non-perception.

« Je pensai: ‘Non seulement Rama avait la conviction, la persévérance, l’attention, la concentration, et le discernement. Moi aussi, j’ai la conviction, la persévérance, l’attention, la concentration, et le discernement. Qu’en serait-il si je devais entreprendre de réaliser le moi-même le Dhamma dont Rama déclara y être entré et y demeurer, l’ayant réalisé par lui-même par connaissance directe.’ Il ne me fallut donc pas longtemps pour que rapidement j’entre et demeure dans ce Dhamma, l’ayant réalisé par moi-même par connaissance directe. J’allai voir Uddaka et dis, ‘Ami Uddaka, est-ce que ceci est la mesure dans laquelle Rama est entré et demeure dans ce Dhamma, l’ayant réalisé par lui-même par connaissance directe?’

« ‘Oui, mon ami…’

« ‘Ceci, ami, est la mesure dans laquelle moi aussi, je suis entré et je demeure dans ce Dhamma, l’ayant réalisé par moi-même par connaissance directe.’

« ‘C’est un gain pour nous, mon ami, un grand gain pour nous, que nous ayons un tel compagnon dans la vie sainte. Donc le Dhamma dont Rama déclara qu’il y était entré et y demeurait, l’ayant réalisé par lui-même par connaissance directe, est le Dhamma dont tu déclares y être entré et y demeurer, l’ayant réalisé par toi-même par connaissance directe. Et le Dhamma dont tu déclares y être entré et y demeurer, l’ayant réalisé par toi-même par connaissance directe, est le Dhamma dont Rama déclara qu’il y était entré et y demeurait, l’ayant réalisé par lui-même par connaissance directe. Le Dhamma qu’il connaissait est le Dhamma que tu connais; le Dhamma que tu connais est le Dhamma qu’il connaissait. Ainsi qu’il était, ainsi es-tu; comme tu es, ainsi était-il. Viens ami, dirige cette communauté.’

« C’est ainsi qu’Uddaka Ramaputta, mon compagnon dans la vie sainte, me plaça dans la position de maître et me fit grand honneur. Mais la pensée me vint que, ‘Ce Dhamma ne conduit pas au désenchantement, au sans-passion, à la cessation, à au calme, à la connaissance directe, à l’Eveil, ni à la Libération (nibbana), mais seulement à la réapparition dans la dimension de ni perception ni non-perception.’ Donc, insatisfait de ce Dhamma, je le quittai. »

MN 36 [Maha Saccaka Sutta]


 

Il pratique des austérités extrêmes dans la forêt

« Je pensai: ‘Supposons que moi, serrant les dents et appuyant la langue contre mon palais, je devais battre, contraindre, et broyer mon esprit avec ma conscience.’ Donc, serrant les dents et appuyant la langue contre mon palais, je battis, contraignis, et broyai mon esprit avec ma conscience. De même qu’un homme fort, saisissant un homme plus faible par la tête ou la gorge ou les épaules, le battrait, contraindrait, et broierait, de la même manière je battais, contraignais, et broyais mon esprit avec ma conscience. Ce faisant, la sueur se déversait de mes aisselles. Et quoique j’avais suscité en moi une infatigable persévérance, et établi une attention sans confusion, mon corps était énervé et agité à cause des douloureux l’effort. Mais la sensation de douleur qui en découla n’envahit pas mon esprit ni ne persista.

« Je pensai: ‘Supposons que je doive m’absorber dans la transe de la non-respiration.’ Je cessai donc les inspirations et les expirations dans mon nez et ma bouche. Ce faisant, il y eut un bruyant ronflement de vents qui me sortaient par les oreilles, tout comme le bruyant ronflement du vent sortant des soufflets d’un forgeron… Je cessai donc les inspirations et les expirations dans mon nez et ma bouche et oreilles. Ce faisant, des forces extrêmes me déchirèrent la tête, tout comme si un homme fort m’avait ouvert la tête avec une épée tranchante… Des douleurs extrêmes surgirent dans ma tête, tout comme si un homme fort avait été en train de me serrer un turban fait de courroies de cuir brut autour de la tête… Des forces extrêmes creusèrent la cavité de mon estomac, tout comme si un boucher ou son apprenti avient été en train de creuser la cavité abdominale d’un boeuf… Il y avait là dans mon corps une brûlure extrême, tout comme si deux hommes forts, saisissant un homme plus faible par les bras, devaient le rotir et le griller par-dessus une fosse de braises ardentes. Et quoique j’eusse suscité en moi une infatigable persévérance, et établi une attention sans confusion, mon corps était énervé et agité à cause des pénibles efforts. Mais la sensation de douleur qui en découla n’envahit pas mon esprit ni ne persista.

« Des devas, en me voyant, me dirent, ‘Gotama le contemplatif est mort.’ D’autres devas dirent, ‘Il n’est pas mort, il est mourant.’ D’autres dirent, ‘Il n’est ni mort ni mourant, c’est un arahant, car ceci est la façon dont vivent les arahants.’

« Je pensai: ‘Supposons que je devais pratiquer en me passant totalement de nourriture.’ Alors des devas vinrent à moi et me dirent, ‘Cher monsieur, nous vous en prions, ne pratiquez pas en vous passant totalement de nourriture. Si vous vous passez totalement de nourriture, nous infuserons une nourriture divine à travers vos pores, et vous survivrez là-dessus.’ Je pensai, ‘Si moi je devais prétendre être complètement en train de jeûner alors que ces devas m’infusent une nourriture divine à travers les pores, j’en mentirais.’ Je les congédiai donc, en disant, ‘Assez.’

« Je pensai: ‘Supposons que je ne devais prendre qu’un peu de nourriture à la fois, qu’une poignée à la fois de soupe aux fèves, de soupe aux lentilles, de soupe de vesces, ou de soupe aux pois.’ Donc je ne pris qu’un peu de nourriture à la fois, qu’une poignée à la fois de de soupe aux fèves, de soupe aux lentilles, de soupe de vesces, ou de soupe aux pois. Mon corps en devint extrêmement émacié. A ne manger qu’aussi peu, mes membres en devinrent comme les segments coudés de souches de vigne ou tiges de bambou… Mon dos en devint comme un sabot de dromadaire… Mon échine ressortit comme un chapelet de perles… Mes côtes dépassèrent comme les chevrons saillants d’une vieille grange en ruine… La lueur de mes yeux semblait s’être enfoncée au plus profond de mes orbites comme le reflet de l’eau au plus profond d’un puits… Mon scalp s’est ridé et desséché comme une gourde amère verte, ridée et desséchée dans le de la chaleur et le vent… La peau de mon ventre en devint si collée à mon échine que lorsque je croyais toucher mon ventre, je saisissais ma colonne vertébrale avec; et lorsque je croyais toucher ma colonne vertébrale, je saisissais la peau de mon ventre aussi… Si j’urinais ou déféquais, je tombais tout de suite en pleine face… A ne manger qu’aussi peu, si je tentais de soulager mon corps en frottant mes membres de mes mains, les cheveux — pourris à la racine — tombaient de mon corps en même temps que je frottais, à ne manger qu’aussi peu.

« Les gens en me voyant disaient, ‘Gotama le contemplatif est noir. D’autres gens disaient, ‘Gotama le contemplatif n’est pas noir, il est brun.’ D’autres disaient, ‘Gotama le contemplatif n’est ni noir ni brun, il a la peau dorée. Tant la claire et vive couleur de ma peau s’était détériorée, à ne manger qu’aussi peu.

« Je pensai: ‘Quoi que des prêtres ou des contemplatifs par le passé aient pu ressentir de douloureux, d’atroce, de taraudant à cause de leurs efforts, ceci est le plus extrême. Rien n’a été plus extrême que ceci. Quoi que des prêtres ou des contemplatifs à l’avenir pourront ressentir de douloureux, d’atroce, de taraudant à cause de leurs efforts, ceci est le plus extrême. Rien ne sera plus extrême que ceci. Quoi que des prêtres ou des contemplatifs au présent puissent ressentir de douloureux, d’atroce, de taraudant à cause de leurs efforts, ceci est le plus extrême. Rien est plus extrême que ceci. Mais avec cette atroce pratique des austérités je n’ai atteint aucun état humain supérieur, aucune distinction en connaissance ou vision honorable des personnes nobles. Pourrait-il y avoir un autre chemin pour l’Eveil?' »

MN 36 [Maha Saccaka Sutta]


Il affronte crainte et terreur bille en tête

« J’ai demeuré dans la sorte d’endroits qui inspirent la crainte et qui vous font dresser les cheveux sur la tête, comme des parcs sacrés, des forêts sacrées, et des arbres sacrés. Et alors que j’y demeurais, il pouvait y venir un animal sauvage, un oiseau pouvait faire tomber une brindille, ou le vent agitait les feuilles mortes. L’idée m’en venait que: ‘Est-ce que cette crainte et cette terreur arrivent?’ Alors la pensée m’est venue: ‘Pourquoi ne fais-je qu’attendre la peur? Qu’en serait-il si moi je devais subjuguer crainte et terreur sous quelque forme qu’elles apparaissent?’ Donc lorsque survenaient la crainte et la terreur alors que j’allais et venais, je ne me tenais ni debout ni assis ni couché. Je continuais à aller et venir jusqu’à ce que j’aie subjugué cette crainte et cette terreur. Lorsque la crainte et la terreur survenaient alors que j’étais debout, je ne marchais pas ni ne restais assis ou couché. Je restais debout jusqu’à ce que j’aie subjugué cette crainte et cette terreur. Lorsque la crainte et la terreur survenaient alors que j’étais assis, je ne me couchais ni ne marchais pas et je ne restais pas debout. Je restais assis jusqu’à ce que j’aie subjugué cette crainte et cette terreur. Lorsque la crainte et la terreur survenaient alors que j’étais couché, je ne restais ni assis ni debout ni ne marchais. Je restais couché jusqu’à ce que j’aie subjugué cette crainte et cette terreur. »

MN 4 [Bhaya bherava Sutta]


 

Mara, la personification du mal, lui rend visite

« Bikkhus, Mara tourne continuellement, sans cesse, autour de vous, [se disant,] J’aurai peut-être une occasion au moyen de l’oeil… de l’oreille… du nez… de la langue… du corps. J’aurai peut-être une occasion au moyen de l’intellect.’ Ainsi, bikkhus, vous devez tenir les portes de vos sens bien gardées. »

SN 35. 199 [Kumma Sutta]

Pour moi —
résolu dans l’effort
près de la rivière Nerañjara,
faisant grand effort,
pratiquant jhana
pour me mettre à l’abri de l’esclavage —

Namuci vint,
disant paroles de compassion:
« Vous êtes couleur de cendres, maigre.
La mort est en
votre présence.
La mort
possède 1,000 parts de vous.
Une seule part
est votre vie.
Vivez, mon bon monsieur!
La vie est meilleure.
Vivant,
vous pouvez faire
des actes de mérite.
Que vous viviez la vie sainte,
en accomplissant le sacrifice du feu,
vous vaudra beaucoup de mérites.
A quoi bon un tel effort?
Difficile à suivre
— la voie de l’effort —
difficile à faire, difficile
à soutenir. »

En prononçant ces vers,
Mara se tint en présence de l’Eveillé.
Et à ce même Mara, disant cela,
le Béni du Ciel dit ceci:

« Parent des insouciants,
Méchant,
tu viens ici pour n’importe quoi:
Je n’ai, de mérite,
pas le plus petit bout de besoin.
Ceux qui ont besoin de mérite:
c’est à ceux-là
qu’il convient que Mara s’adresse.

En moi il y a    la conviction,
l’austérité,
la persévérance,
le discernement.
Pourquoi, quand je suis si résolu
me recommandes-tu
de vivre?
Ce vent pourrait brûler
jusqu’au flot de cette rivière.
Pourquoi, si j’y suis résolu
mon sang ne devrait-il pas s’assécher?
Quand mon sang s’asséchera
la bile et le flegme s’assécheront.
Quand les muscles disparaissent,
l’esprit s’éclaircit;
l’attention, le discernement,
la concentration se tiennent
plus fermement.
Demeurant ainsi,
atteignant à l’ultime sensation,
l’esprit n’a plus d’intérêt
pour les passions sensuelles.
Vois:
la pureté
d’un être!

Les passions sensuelles sont ta première armée.
Ta deuxième     s’appelle Mécontentement.
Ta troisième         est Faim et Soif.
Ta quatrième     s’appelle Envie insatiable.
La cinquième            est Paresse et Engourdissement.
La sixième         s’appelle Terreur.
Ta septième     est Incertitude.
Hypocrisie et Entêtement, ta huitième.
Gains, Offrandes, Gloire, et Statut
obtenus à tort,
et quiconque ferait sa propre louange
et dénigrerait les autres.

Cela, Namuci, est ton armée,
les commandos du Seigneur de l’Ombre .
Un couard ne peut pas les vaincre,
mais celui qui les a vaincu
obtient la béatitude.
Est-ce que je porte de l’herbe muñja?
Je crache sur ma vie.
La mort au combat vaudrait mieux pour moi
que si, vaincu,
je survivais.

S’enfonçant ici, ils n’apparaissent pas,
prêtres et contemplatifs.
Ils ne connaissent pas la voie
par laquelle ceux qui ont bonne pratique
vont.

En voyant les forces et leurs bannières
sur tous côtés —
les troupes et Mara
sur sa monture —
Je pars au combat.
Puissent-ils ne pas pouvoir me faire bouger
de
ma place.
Cette tienne armée,
que le monde avec ses devas
ne pourrait pas vaincre,
je l’écraserai     par le discernement —
comme un pot de terre     avec une pierre.

En faisant que     ma résolution soit maîtrisée,
l’attention bien établie,
J’irai sur les chemins, de royaume en royaume,
entraîner de nombreux disciples.
Eux — avisés, résolus
faisant ce que je leur demande —
malgré tes voeux, ils iront
là où, y étant parvenus,
il n’y a plus de peine. »

Comme la tristesse le gagnait,
son luth lui tomba de sous le bras.
Alors lui, l’esprit du découragement,
aussi sec
il disparut.

Sn 3.2 [Padhana Sutta]


 

Il abandonne ses austérités

« Je pensai: ‘Je me souviens qu’un jour que mon père le Sakyan travaillait, et que j’étais assis dans le l’ombre fraîche d’un pommier rose, alors — tout à fait retiré de la sensualité, retiré des qualités mentales maladroites — je suis entré et je suis resté dans le premier jhana: ravissement et plaisir nés de la retraite, accompagnés par la pensée dirigée et l’évaluation. Est-ce que ça pouvait être là la voie de l’Eveil?’ Alors, suivant ce souvenir, vint la réalisation: ‘C’est ça, la voie de l’Eveil.’ Je pensai: ‘Donc pourquoi est-ce que j’ai peur de ce plaisir qui n’a rien à voir avec la sensualité, rien à voir avec les qualités mentales maladroites?’ Je pensai: ‘Je n’ai plus peur de ce plaisir qui n’a rien à voir avec la sensualité, rien à voir avec les qualités mentales maladroites, mais il n’est pas facile d’arriver à ce plaisir avec un corps aussi extrêmement émacié. Supposons que je devais prendre quelque nourriture solide: du riz et du gruau.’ Donc je pris un peu de nourriture solide: du riz et du gruau. Or, cinq bikkhus avaient jusque là compté sur moi, se disant, ‘Si Gotama, notre contemplatif, arrive à un état plus élevé, il nous le dira.’ Mais lorsqu’ils me virent prendre un peu de nourriture solide — du riz et du gruau — ils furent dégoûtés et me quittèrent, en pensant, ‘Gotama le contemplatif vit dans la luxure. Il a arrêté ses efforts et retombe dans l’abondance.’

« Donc lorsque j’eus pris de la nourriture solide et que j’eus repris des forces, alors — tout à fait retiré de la sensualité, retiré des qualités mentales maladroites, je suis entré et je suis resté dans le premier jhana: ravissement et plaisir nés de la retraite, accompagnés par la pensée dirigée et l’évaluation. Mais la sensation agréable qui en découla n’envahit pas mon esprit ni ne persista. Grâce au calme de la pensée dirigée et de l’évaluation, je suis entré et je suis resté dans le deuxième jhana: ravissement et plaisir nés du sang-froid, unification de la conscience libre de la pensée dirigée et de l’évaluation — assurance intérieure. Mais la sensation agréable qui en découla n’envahit pas mon esprit ni ne persista. Avec l’estompement du ravissement j’ai demeuré dans l’équanimité, attentif et vigilant, et physiquement sensible au plaisir. je suis entré et je suis resté dans le troisième jhana, duquel les Personnes nobles déclarent, ‘Equanime et attentif, c’est une situation agréable.’ Mais la sensation agréable qui en découla n’envahit pas mon esprit ni ne persista. Avec l’abandon du plaisir et de la douleur — comme pour la précédente disparition de l’euphorie et de l’angoisse — je suis entré et je suis resté dans le quatrième jhana: pureté de l’équanimité et de l’attention, ni plaisir ni douleur. Mais la sensation agréable qui en découla n’envahit pas mon esprit ni ne persista. »

MN 36 [Maha Saccaka Sutta]


 

L’Eveil

[Date: -45 EB]

Il découvre la Voie du Milieu

« Là il y a ces deux extrêmes auxquels quelqu’un qui est parti ne doit pas s’adonner. Quels deux? Ce qui est voué au plaisir sensuel par rapport aux objets sensuels: bas, vulgaire, commun, ignoble, sans profit; et ce qui est voué à l’auto-affliction: douloureux, ignoble, sans profit. Evitant ces deux extrêmes, la voie du milieu réalisée par le Tathagata — qui produit la vision, qui produit la connaissance — mène au calme, à la connaissance directe, à l’éveil par soi-même, à la Libération.

« Et quelle est la voie du milieu réalisée par le Tathagata qui — produisant la vision, produisant la connaissance — mène au calme, à la connaissance directe, à l’éveil par soi-même, à la Libération? Précisément ce Noble Octuple Sentier: vue correcte, intention correcte, parole correcte, action correcte, moyens de vie corrects, effort correct, attention correcte, la concentration correcte. Ceci est la voie du milieu réalisée par le Tathagata qui — produisant la vision, produisant la connaissance — mène au calme, à la connaissance directe, à l’éveil par soi-même, à la Libération. »

SN 56.11 [Dhammacakkappavattana Sutta]


 

Il pénètre les Trois Connaissances

« Lorsque l’esprit était ainsi concentré, purifié, clair, sans tache, débarassé des souillures, flexible, malléable, assuré, et arrivé à l’imperturbabilité, je l’ai dirigé vers la connaissance du souvenir de mes vies passées. Je me suis rappelé mes multiples vies passées, c-à-d., une la naissance, deux… cinq, dix… cinquante, cent, mille, cent mille, de nombreux éons de contraction cosmique, de nombreux éons d’expansion cosmique, de nombreux éons de contraction et d’expansion cosmique: ‘Là j’avais tel nom, j’appartenais à tel clan, j’avais telle apparence. Telle était ma nourriture, telle mon expérience du plaisir et de la douleur, telle la fin de ma vie. En disparaissant de cet état-ci, je revins là. Là aussi j’avais tel nom, j’appartenais à tel clan, j’avais telle apparence. Telle était ma nourriture, telle mon expérience du plaisir et de la douleur, telle la fin de ma vie. En disparaissant de cet état-là, je revins ici.’ Ainsi me suis souvenu de mes multiples vies passées dans leurs modes et leurs détails.

« Ceci était la première connaissance que j’atteins au cours de la première veille de la nuit. L’ignorance était détruite; la connaissance avait surgi; l’obscurité était détruite; la lumière avait surgi — ainsi qu’il arrive à celui qui est prudent, ardent, et résolu. Mais la sensation agréable qui en découla n’envahit pas mon esprit ni ne persista.

« Lorsque l’esprit fut ainsi concentré, purifié, clair, sans tache, débarassé des souillures, flexible, malléable, assuré, et arrivé à l’imperturbabilité, je l’ai dirigé vers la connaissance de la disparition et de la réapparition des êtres. Je vis — au moyen de l’oeil divin, purifié et surpassant l’humain — les êtres disparaître et réapparaître, et j’ai discerné en quoi ils sont inférieurs et supérieurs, beaux et laids, fortunés et infortunés selon leur kamma: ‘Ces êtres — qui avaient eu une mauvaise conduite en corps, en paroles, et en esprit, qui avaient injurié les nobles personnes, avaient tenu des vues fausses et entrepris des actions sous l’influence de ces vues fausses — avec la dissolution des corps, après la mort, étaient réapparus dans le plan de la privation, la mauvaise destination, les domaines inférieurs, en enfer. Mais ces êtres — qui avaient eu une bonne conduite en corps, en paroles et esprit, qui n’avaient pas injurié les nobles personnes, qui avaient tenu des vues correctes et entrepris des actions sous l’influence de ces vues correctes — avec la dissolution des corps, après la mort, étaient réapparus dans les bonnes destinations, dans le monde céleste.’ Ainsi — au moyen des l’oeil divin, purifié et surpassant l’humain — je vis les êtres disparaître et réapparaître, et j’ai discerné en quoi ils sont inférieurs et supérieurs, beaux et laids, fortunés et infortunés selon leur kamma.

« Ceci était la deuxième connaissance que j’atteins dans le deuxième veille de la nuit. L’ignorance était détruite; la connaissance avait surgi; l’obscurité était détruite; la lumière avait surgi — ainsi qu’il arrive à celui qui est prudent, ardent, et résolu. Mais la sensation agréable qui en découla n’envahit pas mon esprit ni ne persista.

« Lorsque l’esprit était ainsi concentré, purifié, clair, sans tache, débarassé des souillures, flexible, malléable, assuré, et arrivé à l’imperturbabilité, je l’ai dirigé vers la connaissance de la fin des fermentations mentales. J’ai discerné, comme s’il avait été présent, que ‘Ceci est le stress… Ceci est l’origine du stress… Ceci est la cessation du stress… Ceci est le chemin qui mène à la cessation du stress… Ceci sont les fermentations… Ceci est l’origine des fermentations… Ceci est la cessation des fermentations… Ceci est le chemin qui mène à la cessation des fermentations.’ Mon coeur, ainsi connaissant, ainsi voyant, fut libéré de la fermentation de la sensualité, libéré de la fermentation du devenir, libéré de la fermentation de l’ignorance. Avec la libération, il y eut la connaissance, ‘Libéré.’ J’ai discerné que ‘La naissance est finie, la vie sainte remplie, la tâche accomplie. Il ne reste rien de plus en ce monde.’

« Ceci était la troisième connaissance que j’atteins dans la troisième veille de la nuit. L’ignorance était détruite; la connaissance avait surgi; l’obscurité était détruite; la lumière avait surgi — ainsi qu’il arrive à celui qui est prudent, ardent, et résolu. Mais la sensation agréable qui en découla n’envahit pas mon esprit ni ne persista. »

MN 36 [Maha Saccaka Sutta]


 

L’Eveil suprême

Dans la ronde d’un grand nombre naissances j’ai erré
sans récompense,
sans repos,
à la recherche du constructeur de la maison.
Douloureuse est la naissance
encore et encore.

Constructeur, tu es repéré!
Tu ne reconstruiras plus de maison.
Toutes tes solives sont cassées,
ta panne faîtière détruite,
retourné au sans forme, l’esprit
est arrivé à la fin de l’envie.

Dhp 153-4 [Versets sur la vieillesse]


 

Il devient le Tathagata

« Le Tathagata a été pleinement éveillé au monde. Du monde, le Tathagata est disjoint. Le Tathagata a été pleinement éveillé à l’origine du monde. L’origine du monde a été abandonnée par le Tathagata. Le Tathagata a a été pleinement éveillé à la cessation du monde. La cessation du monde a été réalisée par le Tathagata. Le Tathagata a été pleinement éveillé à la voie qui mène à la cessation du monde. La voie qui mène à la cessation du monde a été développée par le Tathagata.

« Tout ce qui dans ce monde — avec ses devas, Maras, et Brahmas, ses générations complètes avec contemplatifs et prêtres, princes et hommes — est vu, entendu, ressenti, connu, obtenu, recherché, pondéré par l’intellect, le Tathagata y a été pleinement éveillé. C’est pourquoi on l’appelle le Tathagata.

« De la nuit où le Tathagata s’est pleinement éveillé à l’insurpassé Eveil correct par soi-même à la nuit où il s’est totalement détaché dans la propriété de Libération sans qu’il reste du carburant, quoi qu’ait dit le Tathagata, prononcé, expliqué est juste ainsi (tatha) et pas autrement. C’est pourquoi on l’appelle le Tathagata.

« Le Tathagata est quelqu’un qui agit en ligne avec (tathaa) ce qu’il enseigne, quelqu’un qui enseigne en ligne avec ce qu’il fait. C’est pourquoi on l’appelle le Tathagata.

« Dans ce monde avec ses devas, Maras, et Brahmas, ses générations complètes avec contemplatifs et prêtres, princes et hommes, le Tathagata est le l’invincible conquérant, qui voit tout, le détenteur du pouvoir. C’est pourquoi on l’appelle le Tathagata. »

Iti 112 [Le groupe des quatre]


 

Après l’Eveil

Le Bouddha examine les lois de cause-et-effet

J’ai entendu qu’une fois, lorsque le Béni du Ciel était nouvellement Eveillé — demeurant à Uruvela près des rives de la rivière Nerañjara à l’ombre de l’arbre de la Bodhi, l’arbre de l’Eveil — il était resté assis à l’ombre de l’arbre de la Bodhi pendant sept jours dans une session, sensible à la béatitude de la libération. A la fin des sept jours, après être sorti de cette concentration, dans la troisième veille de la nuit, il se pencha de très près à la coproduction conditionnée dans un sens comme dans l’autre, comme suit:

Lorsque ceci est, cela est.
De la naissance de ceci vient la naissance de cela.
Lorsque ceci n’est pas, cela n’est pas.
De la cessation de ceci vient la cessation de cela.

Autrement dit:

De l’ignorance en tant que condition nécessaire viennent les constructions mentales.
Des constructions mentales en tant que condition nécessaire vient la conscience.
De la conscience en tant que condition nécessaire vient le nom-et-forme.
Du nom-et-forme en tant que condition nécessaire viennent les six organes des sens.
Des six organes des sens en tant que condition nécessaire vient le contact.
Du contact en tant que condition nécessaire vient la sensation.
De la sensation en tant que condition nécessaire vient l’envie insatiable.
De l’envie insatiable en tant que condition nécessaire vient l’aliment de l’attachement.
De l’aliment de l’attachement en tant que condition nécessaire vient le devenir.
Du devenir en tant que condition nécessaire vient la naissance.
A partir de la naissance en tant que condition nécessaire, entrent ensuite en jeu la vieillesse et la mort, le chagrin, la lamentation, la douleur, l’angoisse, et le désespoir.
Telle est l’origine de toute cette masse du stress et de souffrance.

Or de l’estompement sans reste et de la cessation de cette même ignorance vient la cessation des constructions mentales. De la cessation des constructions mentales vient la cessation de la conscience.
De la cessation de la conscience vient la cessation du nom-et-forme.
De la cessation du nom-et-forme vient la cessation des six organes des sens.
De la cessation des six organes des sens vient la cessation du contact.
De la cessation du contact vient la cessation de la sensation.
De la cessation de la sensation vient la cessation de l’envie insatiable.
De la cessation de l’envie insatiable vient la cessation de l’aliment de l’attachement.
De la cessation de l’aliment de l’attachement vient la cessation du devenir.
De la cessation du devenir vient la cessation de la naissance.
A partir de la cessation de la naissance, alors la vieillesse et la mort, le chagrin, la lamentation, la douleur, l’angoisse, et le désespoir cessent tous.
Telle est la cessation de toute cette masse du stress et de souffrance.

Alors, réalisant la signification de cela, le Béni du Ciel à cette occasion s’exclama:

Comme les phénomènes deviennent clairs
au brahmane — ardent, absorbé —
il se tient, mettant en déroute les troupes de Mara,
comme le soleil qui illumine
le ciel.

Ud I.3 [Bodhi Sutta]


 

Le Bouddha se demande: Qui devrais-je vénérer comme mon maître?

J’ai entendu qu’une fois, lorsque le Béni du Ciel était nouvellement éveillé par Lui-même, il demeurait à Uruvela sur la rive de la rivière Nerañjara, au pied du Banyan des Pasteurs de chèvres. Alors, pendant qu’il était seul et dans l’isolement, cet enchaînement de pensées surgit dans sa conscience: « On souffre si on reste sans révérence ou déférence. Donc dans la dépendance de quel prêtre ou contemplatif puis-je demeurer, à l’honorer et le respecter? »

Alors la pensée lui vint: « Ce serait dans le but de parfaire un imparfait aggrégat de vertu que je demeurerais dans la dépendance d’un autre prêtre ou contemplatif, à l’honorer et le respecter. Cependant, dans ce monde avec ses devas, Maras, et Brahmas, dans cette génération avec ses prêtres et ses contemplatifs, sa royauté et son petit peuple, je ne vois pas un autre prêtre ou contemplatif qui soit plus accompli dans la vertu que moi, et dans la dépendance de qui je pourrais demeurer, à l’honorer et le respecter.

« Ce serait dans le but de parfaire un imparfait aggrégat de la concentration…

« Ce serait dans le but de parfaire un imparfait aggrégat du discernement…

« Ce serait dans le but de parfaire un imparfait aggrégat de la libération…

« Ce serait dans le but de parfaire un imparfait aggrégat de la connaissance et vision de la libération que je demeurerais dans la dépendance d’un autre prêtre ou contemplatif, à l’honorer et le respecter. Cependant, dans ce monde avec ses devas, Maras, et Brahmas, dans cette génération avec ses des prêtres et des contemplatifs, sa royauté et son petit peuple, je ne vois pas un autre prêtre ou contemplatif qui soit plus accompli en connaissance et vision de la libération que moi, et dans la dépendance de qui je pourrais demeurer, à l’honorer et le respecter.

« Qu’en serait-il si moi je devais demeurer dans la dépendance de ce même Dhamma dans laquelle j’ai été pleinement éveillé, à l’honorer et le respecter? »

Alors, ayant su avec sa propre conscience l’enchaînement de pensées dans la conscience du Béni du Ciel — tout comme un homme fort pourrait étendre son bras plié ou plier son bras étendu — Brahma Sahampati disparut du monde de Brahma et réapparut devant le Béni du Ciel. Tout en disposant sa robe de dessus par-dessus une épaule, il salua le Béni du Ciel avec ses mains devant son coeur et lui dit: « C’est ainsi, Béni du Ciel! C’est ainsi, ô Bien-Allé! Ceux qui étaient des Arahants, des Eveillés correctement par Eux-mêmes par le passé — eux, aussi, demeuraient dans la dépendance de ce même Dhamma, à l’honorer et le respecter. Ceux qui seront des Arahant, des Eveillés correctement par Eux-mêmes à l’avenir — eux, aussi, demeureront dans la dépendance de ce même Dhamma, à l’honorer et le respecter. Et que le Béni du Ciel, qui est à présent l’Arahant, l’Eveillé correctement par Lui-mêmes, demeure dans la dépendance de ce même Dhamma, à l’honorer et le respecter. »

SN 6.2 [Garava Sutta]


 

Il se demande: Devrais-je enseigner ce Dhamma aux autres?

J’ai entendu qu’une fois, lorsque le Béni du Ciel était nouvellement éveillé par Lui-même, il demeurait à Uruvela sur la rive de la rivière Nerañjara, au pied du Banyan des Pasteurs de chèvres. Alors, pendant qu’il était seul et dans l’isolement, cet enchaînement de pensées surgit dans sa conscience: « Ce Dhamma que j’ai obtenu est profond, difficile à voir, difficile à réaliser, paisible, raffiné, hors des limites de la conjecture, subtil, à-être-connu par le sage. Mais cette génération se complait dans l’attachement, est excitée par l’attachement, jouit de l’attachement. Pour une génération qui se complait dans l’attachement, excitée par l’attachement, jouit de l’attachement, cette conditionalité et coproduction conditionnée sont difficiles à voir. Cet état, aussi, est difficile à voir: la résolution de toutes les constructions mentales, l’abandon de toutes acquisitions, la fin de l’envie insatiable; l’impassibilité; la cessation; la Libération. Et si moi je devais enseigner le Dhamma et si d’autres que moi ne me comprenaient pas, cela me serait fatigant, me serait gênant. »

Juste alors ces vers, jamais prononcés par le passé, jamais entendus auparavant, vinrent au Béni du Ciel:

Assez maintenant avec l’enseignement
de ce que
seulement avec difficulté
j’ai atteint.
Ce Dhamma n’est pas aisément réalisé
par ceux qui sont submergés
par l’aversion et la passion.

Ce qui est abstrus, subtil,
profond,
difficile à voir,
qui va à contre-courant —
ceux qui se complaisent dans la passion,
enveloppés dans la masse de l’obscurité,
ne le pourront voir.

Ainsi pensait le Béni du Ciel, son esprit plus enclin à rester à l’aise, qu’à enseigner le Dhamma.

Alors Brahma Sahampati, sachant avec son propre la conscience l’enchaînement de pensées dans la conscience du Béni du Ciel, se dit: « Le monde est perdu! Le monde est détruit! L’esprit du Tathagata, l’Arahant, l’Eveillés correctement par Lui-même est plus enclin à rester à l’aise qu’à enseigner le Dhamma! » Alors, tout comme un homme fort pourrait étendre son bras plié ou plier son bras étendu, Brahma Sahampati disparut du monde de Brahma et réapparut devant le Béni du Ciel. Tout en disposant sa robe de dessus par-dessus une épaule, il s’agenouilla avec le genou droit sur le sol, salua le Béni du Ciel avec ses mains devant son coeur, et lui dit: « Seigneur, que le Béni du Ciel enseigne le Dhamma! Que le Bien-Allé enseigne le Dhamma! Il y a des êtres avec un peu poussière dans leurs yeux qui chutent parce qu’ils n’entendent pas le Dhamma. Il y en aura qui comprendront le Dhamma. »

Alors le Béni du Ciel, ayant compris l’invitation de Brahma, par compassion pour les êtres, observa le monde avec l’oeil d’un Eveillé. Ce faisant, il vit les êtres qui avaient un peu poussière dans leurs yeux et ceux qui en avaient beaucoup, ceux qui avaient des facultés affutées et ceux dont les facultés étaient obtuses, ceux qui avaient de bons attributs et ceux qui en avaient de mauvais, ceux à qui il est facile d’enseigner et ceux à qui c’est difficile, certains d’entre eux voyant disgrâce et danger dans l’autre monde. Tout comme dans un étang de lotus bleus ou rouge ou blancs, il y a des lotus — nés et croissant dans l’eau — qui peuvent fleurir tout en étant immergés dans l’eau, sans sortir de l’eau; certains peuvent se tenir à fleur d’eau; alors que certains peuvent sortir de l’eau et se tenir sans être souillés par l’eau — là aussi, en observant le monde avec l’oeil d’un Eveillé, le Béni du Ciel vit les êtres avec un peu de poussière dans les yeux et ceux qui en avaient beaucoup, ceux qui avaient des facultés affutées et ceux dont les facultés étaient obtuses, ceux qui avaient de bons attributs et ceux qui en avaient de mauvais, ceux à qui il est facile d’enseigner et ceux à qui c’est difficile, certains d’entre eux voyant disgrâce et danger dans l’autre monde.

Alors Brahma Sahampati, en pensant, « Le Béni du Ciel a donné son consentement pour enseigner le Dhamma, » s’inclina devant le Béni du Ciel et, le contournant sur sa droite, disparut aussitôt.

SN 6.1 [Ayacana Sutta]


 

« Ensuite, moines, je me suis demandé : “À qui exposerai-je l’enseignement en premier ? Qui peut le comprendre en un instant ?” Et il me vint : “Âḷâra Kâlâma est sage, docte et sagace. Cela fait longtemps qu’il a peu de poussière. Je dois lui exposer l’enseignement en premier, il le comprendra immédiatement”. Mais des divinités s’approchèrent de moi pour me dire :  Âḷâra Kâlâma est mort depuis sept jours, Seigneur. Je sus et je vis moi aussi qu’Âḷâra Kâlâma était mort depuis sept jours (et se trouvait à présent dans le domaine du néant). Et je pensai que c’était une grande perte pour Âḷâra Kâlâma car, s’il avait entendu cet enseignement, il l’aurait compris instantanément. Je me demandai de nouveau : “À qui exposerai-je l’enseignement en premier ? Qui peut le comprendre en un instant ?” Et il me vint : “Uddaka Râmaputta est sage, docte et sagace. Cela fait longtemps qu’il a peu de poussière. Je dois lui exposer l’enseignement en premier, il le comprendra immédiatement”.

Mais les divinités revinrent vers moi pour me dire :
Uddaka Râmaputta est mort la nuit dernière, Seigneur. Je sus et je vis moi aussi qu’Uddaka Râmaputta était mort la nuit précédente (et se trouvait à présent dans le domaine sans perception ni non-perception). Et je pensai que c’était une grande perte pour Uddaka Râmaputta car, s’il avait entendu cet enseignement, il l’aurait compris instantanément. Je me demandai encore : “À qui exposerai-je l’enseignement en premier ? Qui peut le comprendre en un instant ?” Et il me vint : “Les moines du groupe des cinq m’ont beaucoup aidé en m’assistant quand je fournissais de grands efforts. Je dois leur exposer l’enseignement en premier”. Je me demandai où se trouvaient ces moines du groupe des cinq. Et je vis, avec l’œil divin bien purifié et plus qu’humain, qu’ils séjournaient, près de Bénarès, dans le Parc aux Daims d’Isipatana. J’étais resté près d’Uruvéla autant qu’il me plaisait, je me mis en route pour Bénarès.

« Alors que je cheminais sur la grand-route entre Gaya et le Lieu de la Réalisation, Upaka l’adjivique m’aperçut et me dit :  Tes facultés sont très brillantes, mon ami, ton teint est très pur et très clair. Pour qui astu quitté ton foyer ? Qui est ton maître ? Dans l’enseignement de qui te complais-tu ? Ainsi parla-t-il, et je lui répondis en vers : Moi je suis tout-puissant, omniscient, sans souillure Au milieu de l’amas des composants variés J’ai renoncé à tout, sans désir je suis libre Je connais par moi-même. À qui me référer ? Je n’ai pas de gourou, je me vois sans égal Et sans équivalent chez les hommes ou les dieux Car je suis accompli, je suis Maître suprême Seul et parfait Bouddha, refroidi, consumé Je m’en vais à Kâsi pour lancer le Dhamma et battre le tambour de l’immortalité Upaka me dit : Selon ce que tu affirmes, mon ami, tu t’estimes Vainqueur sans limites. – Pareils à moi sont les vainqueurs qui ont éliminé les contaminations J’ai partout triomphé des agents pernicieux. Pour cela, Upaka, je suis vraiment Vainqueur. Ainsi parlai-je, moines, et Upaka l’adjivique me dit : Puisse cela être, mon ami !

Upaka me dit : Selon ce que tu affirmes, mon ami, tu t’estimes Vainqueur sans limites.

Pareils à moi sont les vainqueurs qui ont éliminé les contaminations J’ai partout triomphé des agents pernicieux. Pour cela, Upaka, je suis vraiment Vainqueur.

Ainsi parlai-je, moines, et Upaka l’adjivique me dit :  Puisse cela être, mon ami ! Il hocha la tête, prit le mauvais chemin et s’en alla

« Je fis route par étapes vers Bénarès, moines, et j’arrivai au Parc aux Daims d’Isipatana où se trouvait le groupe des cinq moines. Quand ils me virent approcher, les cinq moines se concertèrent : – L’ascète Gotama arrive, mes amis. Il vit maintenant dans l’abondance, il a abandonné l’effort pour retourner à l’abondance. Il ne faut pas le saluer ni se lever ni prendre son bol ou sa cape. Il faut seulement lui préparer un siège (en raison de son rang social). S’il le désire, il s’assiéra. Mais plus je m’approchais, moines, moins les moines du groupe des cinq pouvaient respecter leur pacte : certains vinrent à ma rencontre et prirent mon bol et ma cape, d’autres m’indiquèrent un siège, et d’autres m’apportèrent de l’eau pour les pieds. Mais ils m’appelaient par mon nom et par l’épithète “mon ami”. Comme ils parlaient ainsi, je leur dis : – N’appelez pas le Tathâgata par son nom ni par l’épithète “mon ami”, moines, car le Tathâgata est accompli et parfait Bouddha. Prêtez l’oreille, moines : l’immortalité est atteinte, je l’enseigne, je montre le Dhamma. Si vous suivez mes instructions, il ne vous faudra pas longtemps pour voir de vos propres yeux, par connaissance directe, dans la réalité présente, l’Aboutissement insurpassable pour lequel les fils de bonne famille quittent à juste titre leur foyer, pour y accéder et y demeurer. Ainsi parlè-je, moines, mais les moines du groupe des cinq me dirent : – Quand tu te comportais, te conduisais et agissais avec austérité, ami Gotama, tu n’as pas atteint l’excellente connaissance et vision suprahumaine qui produit les Purs. Maintenant que tu vis dans l’abondance en ayant abandonné l’effort pour retourner à l’abondance, comment pourrais-tu atteindre cette excellente connaissance et vision ?

Je leur répondis : – Le Tathâgata, moines, n’est pas un homme d’abondance qui a renoncé à l’effort pour retourner à l’abondance. Prêtez l’oreille : l’immortalité est trouvée, je l’enseigne… il ne vous faudra pas longtemps pour voir de vos propres yeux… l’Aboutissement insurpassable… Mais les moines me tinrent une deuxième fois le même propos et je leur fis la même réponse. Les moines formulèrent leur question une troisième fois et je leur demandai alors : – Vous souvenez-vous, moines, que je vous aie déjà tenu pareil discours ?

Non, Seigneur.

Le Tathâgata est accompli et parfait Bouddha. Prêtez l’oreille : l’immortalité est trouvée, je l’enseigne… il ne vous faudra pas longtemps pour voir de vos propres yeux… l’Aboutissement insurpassable pour lequel les fils de bonne famille quittent à juste titre leur foyer, pour y accéder et y demeurer. Je réussis, moines, à convaincre les moines du groupe des cinq.

MN 26 |Ariyapariyesana Sutta]


 

Quarante-cinq années d’enseignement

Le premier sermon du Bouddha, au groupe de cinq ascètes

J’ai entendu qu’une fois le Béni du Ciel demeurait à Varanasi dans le Pavillon de Chasse d’Isipatana. Là il s’adressa au groupe de cinq bikkhus:

« Voilà les deux extrêmes auxquels quelqu’un qui est parti ne doit pas s’adonner. Quels deux? Ce qui est voué au plaisir sensuel par rapport aux objets sensuels: bas, vulgaire, commun, ignoble, sans profit; et ce qui est voué à l’auto-affliction: douloureux, ignoble, sans profit. Evitant ces deux extrêmes, la voie du milieu réalisée par le Tathagata — qui produit la vision, qui produit la connaissance — mène au calme, à la connaissance directe, à l’éveil par soi-même, à la Libération.

[Le Noble Octuple Sentier]
« Et quelle est la voie du milieu réalisée par le Tathagata qui — produisant la vision, produisant la connaissance — mène au calme, à la connaissance directe, à l’éveil par soi-même, à la Libération? Précisément ce Noble Octuple Sentier: vue correcte,intention correcte, parole correcte, action correcte, moyens de vie corrects, effort correct, attention correcte, concentration correcte. Ceci est la voie du milieu réalisée par le Tathagata qui — produisant la vision, produisant la connaissance — mène au calme, à la connaissance directe, à l’éveil par soi-même, à la Libération.

[Les Quatre Nobles Vérités]
« Or ceci, bikkhus, est la noble vérité du stress: La naissance est stressante, vieillir est stressant, la mort est stressante; le chagrin, la lamentation, la douleur, l’angoisse, et le désespoir sont stressants; être associé avec ceux qu’on n’aime pas est stressant, être séparé de ceux qu’on aime est stressant, ne pas avoir ce qu’on veut est stressant. Bref, les cinq aggrégats d’attachement sont stressants.

« Et ceci, bikkhus, est la noble vérité de l’origine du stress: l’envie insatiable qui entraîne les devenirs ultérieurs — accompagnée par la passion et les délices, savourant parfois ici et parfois là — c-à-d., l’envie insatiable du plaisir sensuel, l’envie insatiable du devenir, l’envie insatiable du non-devenir.

« Et ceci, bikkhus, est la noble vérité de la cessation du stress: l’estompement sans reste et la cessation, le renoncement, l’abandon, la libération, et le lâcher-prise de cette même envie insatiable.

« Et ceci, bikkhus, est la noble vérité de la voie de pratique qui mène à la cessation du stress: précisément ce Noble Octuple Sentier — vue correcte, intention correcte, parole correcte, action correcte, moyens de vie corrects, effort correct, attention correcte, concentration correcte.

[Nos devoirs par rapport aux Quatre Nobles Vérités]
« La vision surgit, la pénétration surgit, le discernement surgit, la connaissance surgit, l’illumination surgit en moi par rapport à des choses jamais entendues auparavant: ‘Ceci est la noble vérité du stress’… ‘Il faut bien comprendre cette noble vérité du stress’… ‘Cette noble vérité du stress a été bien comprise.’

« La vision surgit, la pénétration surgit, le discernement surgit, la connaissance surgit, l’illumination surgit en moi par rapport à des choses jamais entendues auparavant: ‘Ceci est la noble vérité de l’origine du stress’… ‘Il faut abandonner cette noble vérité de l’origine du stress’… ‘Cette noble vérité de l’origine du stress a été abandonnée.’

« La vision surgit, la pénétration surgit, le discernement surgit, la connaissance surgit, l’illumination surgit en moi par rapport à des choses jamais entendues auparavant: ‘Ceci est la noble vérité de la cessation du stress’… ‘Il faut faire l’expérience directe de cette noble vérité de la cessation du stress ‘… ‘L’expérience directe de cette noble vérité de la cessation du stress a été faite.’

« La vision surgit, la pénétration surgit, le discernement surgit, la connaissance surgi, l’illumination surgit en moi par rapport à des choses jamais entendues auparavant: ‘Ceci est la noble vérité de la voie de la pratique qui mène à la cessation du stress’… ‘Il faut développer cette noble vérité de la voie de la pratique qui mène à la cessation du stress’… ‘Cette noble vérité de la voie de la pratique qui mène à la cessation du stress a été développée.’

[La Roue du Dhamma à douze rayons]
« Et, bikkhus, aussi longtemps que cette connaissance et vision que j’ai — avec ses trois rondes et douze permutations à propos de ces quatre nobles vérités telles qu’elles sont effectivement présentes — n’était pas pure, je n’ai pas prétendu être directement éveillé à l’éveil correct par moi-même, sans pareil dans le cosmos avec ses devas, Maras, et Brahmas, avec ses contemplatifs et ses prêtres, sa royauté et son petit peuple. Mais aussitôt que cette connaissance et vision que j’ai — avec ses trois rondes et douze permutations à propos de ces quatre nobles vérités telles qu’elles sont effectivement présentes — fut véritablement pure, alors ai-je prétendu être directement éveillé à l’éveil correct par soi-même, sans pareil dans le cosmos avec ses devas, Maras et Brahmas, avec ses contemplatifs et des prêtres, sa royauté et son petit peuple. Connaissance et vision surgirent en moi: ‘Non provoquée est ma libération. Ceci est ma dernière naissance. Il n’y aura plus d’autre devenir.' »

[Le Noble Sangha est né]
C’est là ce que le Béni du Ciel dit. Gratifié, le groupe de cinq bikkhus furent ravis de ses paroles. Et comme cette explication était donnée, survint au Vén. Kondañña l’oeil du Dhamma sans poussière et sans tache: Tout ce qui est sujet à origination est sujet à la cessation.

[La Roue du Dhamma commence à tourner]
Et lorsque le Béni du Ciel eut mis la Roue du Dhamma en mouvement, les devas de la terre s’écrièrent: « A Varanasi, dans le Pavillon de Chasse d’Isipatana, le Béni du Ciel a mis en mouvement l’inégalée Roue du Dhamma qui ne peut être arrêtée par prêtre ou contemplatif, deva, Mara ou Dieu ou quiconque dans le cosmos. » En entendant crier les devas de la terre’, les devas du Ciel des Quatre Rois s’écrièrent à leur tour… les devas des Trente-trois… les devas de Yama… les devas de Tusita… les devas Nimmanarati… les devas Paranimmita-vasavatti… les devas de la suite de Brahma s’écrièrent à leur tour: « A Varanasi, dans le Pavillon de Chasse d’Isipatana, le Béni du Ciel a mis en mouvement l’inégalée Roue du Dhamma qui ne peut être arrêtée par prêtre ou contemplatif, devas, Mara, ou Dieu ou quiconque à tous dans le cosmos. »

Donc à ce moment, à cet instant, ce cri monta tout droit aux mondes de Brahma. Et ces dix-mille mondes frissonèrent et frémirent et tremblèrent, cependant qu’ une grande, incommensurable radiance apparut dans le cosmos, surpassant la fulgurance des devas.

Alors le Béni du Ciel s’exclama: « Donc tu comprends vraiment, Kondañña? Donc tu comprends vraiment? » Et c’est ainsi que le Vén. Kondañña acquit le nom d’Añña-Kondañña — Kondañña qui sait.

SN 56.11 [Dhammacakkappavattana Sutta]


 

Le second sermon (la caractéristique du non-Soi)

C’est pourquoi, bhikkhus, toute Forme, qu’elle soit passée, future ou présente, interne ou externe, grossière ou subtile, inférieure ou exaltée, éloignée ou proche, toute Forme doit être vue telle qu’elle est réellement avec un discernement correct: ‘Ce n’est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n’est pas mon moi’.

Tout ressenti …
Toute perception …
Toute construction …

Toute Conscience, qu’elle soit passée, future ou présente, interne ou externe, grossière ou subtile, inférieure ou exaltée, éloignée ou proche, toute Conscience doit être vue telle qu’elle est réellement avec un discernement correct: ‘Ce n’est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n’est pas mon moi’.

Voyant ainsi, un noble disciple instruit devient désenchanté vis-à-vis de la Forme, désenchanté vis-à-vis duRessenti, désenchanté vis-à-vis de la Perception, désenchanté vis-à-vis des Constructions, désenchanté vis-à-vis de la Conscience. Par désenchantement, il devient dépassionné. Par dépassion, il est libéré. Avec la libération, il sait: ‘Je suis libéré’. Il comprend: ‘C’en est fini de la naissance, la vie brahmique a été vécue, ce qui devait être fait a été fait, il n’y a rien de plus pour cette existence’.

Ainsi parla le Bhagavā. Satisfaits, les bhikkhus se réjouirent de la parole du Bhagavā.

Et pendant que cette exposition était faite, l’esprit des cinq bhikkhus du groupe, par non-attachement, furent libéré des impuretés mentales.

SN 22.59 [Anattalakkhana Sutta]

Quelle est la différence entre le Bouddha et un Arahant ?

Quelle est donc, bhikkhus, la différence, la distinction, la dissemblance entre unSammāsambuddha et un bhikkhu paññāvimutto?

– Pour nous, Bhante, les enseignements ont le Bhagavā pour source, pour guide, et pour arbitre. Il serait bon que le Bhagavā explique lui-même la signification de cette affirmation. L’ayant entendu du Bhagavā, les bhikkhus, s’en souviendront.

– Dans ce cas, bhikkhus, écoutez et faites bien attention. Je vais parler.

– Oui, Bhante.

– Le Tathāgata, l’arahant, le Sammāsambuddha est celui qui a tracé le chemin qui n’avait pas été tracé auparavant, qui a produit le chemin qui n’avait pas été produit auparavant, qui a fait connaître le chemin inconnu auparavant. Il est le connaisseur du chemin, le découvreur du chemin, l’expert en ce qui concerne le chemin. Et maintenant ses disciples suivent le chemin et ensuite le possèdent.

Voici quelle est la différence, la distinction, la dissemblance entre unSammāsambuddha et un bhikkhu paññāvimutto.

SN 22.58 [Sammasambuddha Sutta]


Quarante-cinq années d’enseignement

Ses enseignements, toujours pratiques, comprennent des leçons d’éléments des bonnes manières,

« Et comment un bikkhu est-il quelqu’un qui a le sens des réunions de société? Il y a le cas où un bikkhu connait sa réunion de société: ‘Ceci est une réunion de société de nobles guerriers; ceci, une réunion de société de prêtres; ceci, une réunion de société de maîtres de maison; ceci, une réunion de société de contemplatifs; ici on devrait s’en approcher de cette manière, se tenir debout de cette manière, se comporter de cette manière, s’asseoir de cette manière, parler de cette manière, garder le silence de cette manière.’ S’il ne connait pas sa réunion de société — ‘Ceci est une réunion de société de nobles guerriers; ceci, une réunion de société de prêtres; ceci, une réunion de société de maîtres de maison; ceci, une réunion de société de contemplatifs; ici on devrait s’en approcher de cette manière, se tenir debout de cette manière, se comporter de cette manière, s’asseoir de cette manière, parler de cette manière, garder le silence de cette manière’ — on ne dirait pas de lui qu’il est quelqu’un qui a le sens des réunions de société. Donc c’est parce qu’il connaît effectivement sa réunion de société — ‘Ceci est une réunion de société de nobles guerriers; ceci, une réunion de société de prêtres; ceci, une réunion de société de maîtres de maison; ceci, une réunion de société de contemplatifs; ici on devrait s’en approcher de cette manière, se tenir debout de cette manière, se comporter de cette manière, s’asseoir de cette manière, parler de cette manière, garder le silence de cette manière’ — qu’il est dit être quelqu’un qui a le sens des réunions de société. Ceci est quelqu’un qui a le sens du Dhamma, le sens de la signification, le sens de lui-même, le sens de la modération, le sens du temps, et le sens des réunions de société. »

AN 7.64 [Dhammannu Sutta]

…des leçons sur comment traiter ses parents,

Soutien à ses parents,
assistance à son épouse et ses enfants,
consistance au travail:
Ceci est la plus haute protection.

Sn 2.4 [Maha-mangala Sutta]

Mère et père,
compassionés pour leur famille,
sont appelés
Brahma,
premiers maîtres,
ceux qui sont dignes des cadeaux
de leurs enfants.
Donc le sage doit leur rendre
hommage,
honneur
avec nourriture et boissons
vêtement et literie
huiles et bains
et leur laver les pieds.
Rendant ces services à leurs parents, les sages
sont loués juste ici
et après la mort
se réjouissent dans le ciel.

Iti 106 [Le groupe des 4]

…des leçons sur la valeur de la générosité,

« Et quel est le trésor de la générosité? Il y a le cas d’un disciple des nobles personnes, sa conscience nettoyée de la tache de la radinerie, vivant à la maison, libéralement généreux, la main ouverte, qui se complait à être magnanime, accessible aux requêtes, qui se complait dans le distribution d’aumônes. Ceci s’appelle le trésor de la générosité. »

AN 7.6 [Dhana Sutta]

…sur la valeur de la vertu,

« Et quel est le trésor de vertu? Il y a le cas où un disciple des nobles personnes s’abstient de prendre la vie, s’abstient de voler, s’abstient de conduite sexuelle illicite, s’abstient de mentir, s’abstient de prendre des intoxicants qui causent l’insouciance. Ceci, bikkhus, s’appelle le trésor de vertu. »

AN 7.6 [Dhana Sutta]

…sur les fruits du comportement vertueux,

L’esprit bien dirigé,
disant parole correcte,
faisant de bonnes actions avec le corps:
une personne ici
de grande érudition,
un faiseur de mérites
ici dans cette vie si courte,
à la dissolution des corps,
discernant,
il réapparait dans le ciel.

Iti 71 [Le groupe de 3]

…sur les inconvénients de tous plaisirs sensuels — même les célestes

« Il y a le cas où une personne, étant elle-même sujette au vieillissement, se rendant compte des inconvénients de ce qui est sujet au vieillissement, recherche le repos du joug sans vieillissement, insurpassé: la Libération. Etant elle-même sujette à la maladie, se rendant compte des inconvénients de ce qui est sujet à la maladie, elle cherche le repos du joug sans souffrance, insurpassé: la Libération. Etant elle-même sujette à la mort, se rendant compte des inconvénients de ce qui est sujet à la mort, elle cherche le repos du joug sans mort, insurpassé: la Libération. Etant elle-même sujette à souillures, se rendant compte des inconvénients de ce qui est sujet à souillure, elle cherche le repos du joug non-souillé, insurpassé: la Libération. »

AN 4.252 [Pariyesana Sutta]

…sur la valeur du renoncement,

« Ayant vu l’inconvénient des plaisirs sensuels, j’ai poursuivi [l’étude de] ce thème; ayant compris la récompense du renoncement, je me suis familiarisé avec. Mon coeur bondissait à l’idée du renoncement, se faisait confiant, ferme, et inébranlable, en le voyant comme étant la paix . Alors, tout à fait retiré de la sensualité, retiré des qualités maladroites, je suis entré et je suis resté dans le premier jhana: ravissement et plaisir nés de la retraite, accompagnés par la pensée dirigée et l’évaluation. »

AN 9.41 [Tapussa Sutta]

… et sur les quatre Nobles Vérités.

« Bhikkhus, c’est en ne se rendant pas compte, faute de pénétrer les Quatre Nobles Vérités que moi autant que vous avons passé par, et subi, cette longue course de la naissance et de la mort. Quelles sont ces quatre? Ce sont la noble vérité de Dukkha; la noble vérité de l’origine de Dukkha; la noble vérité de la cessation de Dukkha; et la noble vérité de la voie de la cessation de Dukkha. Mais maintenant, bhikkhus, qu’elles ont été réalisées et pénétrées, tranchée est l’envie insatiable de l’existence, détruite est ce qui mène à devenir renouvelé, et il n’y a plus de devenir frais. »

DN 16 [Maha-parinibbana Sutta]

Bref, le Bouddha enseigne comment réaliser un bonheur véritable et durable: Nibbana

« Il y a cette dimension où il n’y a ni terre, ni eau, ni feu, ni vent; ni dimension de l’infinitude de l’espace, ni dimension de l’infinitude de la conscience, ni dimension de la vacuité, ni dimension de ni perception ni non-perception; ni ce monde, ni le prochain monde, ni soleil, ni lune. Et là, dis-je, il n’y a ni venue, ni allée, ni stase; ni disparition ni survenance: sans attitude, sans fondation, sans soutien (objet mental). Ceci, juste ceci, est la fin du stress (dukkha). »

Ud 8.1 [Nibbana Sutta]

« Avant comme maintenant, ce n’est que le stress (dukkha) que je décris, ainsi que la cessation du stress. »

SN 22.86 [Anuradha Sutta]

Ce qui met le Bouddha à part

Alors qu’il était assis là, [Moggallana le Garde] dit au Vén. Ananda: « Maître Ananda, y a-t-il un seul bikkhu doté dans toutes les manières des qualités dont Maître Gotama — honorable et correctement éveillé par lui-même — était doté? »

« Non, brahmane, il n’y a pas un seul bikkhu doté dans toutes les manières des qualités dont le Béni du Ciel — honorable et correctement éveillé par lui-même — était doté. Car le Béni du Ciel était le l’éveilleur de la voie qui n’était pas encore, le géniteur de la voie non engendrél’exposeur de la voie non exposéeoie, le connaisseur de la voie, l’expert par rapport à la voie, adepte de la voie. Et maintenant ses disciples suivent la voie et en sont dotés après lui. »

MN 108 [Gopaka Moggallana Sutta]

Sa réputation s’étend

« Un bikkhu appelé Gotama, semble-t-il, un fils des Sakyans qui a quitté un clan Sakyan, a erré dans le pays Kosalan avec un grand Sangha de bhikkhus et est venu à Sala. Or un bon rapport sur Maître Gotama a été répandu à cet effet: Ce Béni du Ciel est tel car c’est un Arahant et un Parfait Eveillé, parfait dans la véritable connaissance et conduite, sublime, connaisseur de mondes, incomparable enseignant des hommes qui sont dociles, enseignant de dieux et d’humains, illuminé, béni. Il décrit ce monde avec ses dieux, ses Maras, et ses divinités (Brahma), cette génération avec ses bikkhus et brahmanes, avec ses rois et ses gens, qu’il a lui-même réalisée par connaissance directe. Il enseigne un Dhamma qui est bon au début, bon au milieu et bon à la fin avec la (correcte) signification et le phrasé, il affirme une vie sainte qui est extrêmement parfaite et pure.’ Donc il est bon de voir de tels Arahants. »

MN 41 [Saleyyaka Sutta]

Il voyage beaucoup, enseignant des milliers de disciple laïcs,

A un moment le Seigneur demeurait près de Savatthi dans le Bosquet de Jeta au monastère d’Anathapindaka. Donc le disciple laïc Dhammika avec 500 autres disciple laïcs s’approchèrent du Seigneur. S’étant approché et ayant salué le Seigneur avec respect, il s’assit d’un côté. Une fois assis là, le disciple laïc Dhammika s’adressa au Seigneur…

Sn 2.14 [Dhammika Sutta]

…bikkhus,

J’ai entendu qu’une fois le Béni du Ciel demeurait parmi les Sakyans à Kapilavatthu dans le Grand Bois, ensemble avec un grand Sangha d’environ 500 bhikkhus, tous des arahants…

DN 20 [Maha-samaya Sutta]

…gens de toute caste et de tous les niveaux de vie,

« Je me rappelle m’être approché de nombreuses centaines d’assemblées de nobles… de nombreuses centaines d’assemblées de brahmanes… de nombreuses centaines d’assemblées de maîtres de maison… de nombreuses centaines d’assemblées d’ermites… »

MN 12 [Maha-sihanada Sutta]

…y-compris des lépreux,

Alors le Béni du Ciel, ayant englobé la conscience de toute l’assemblée avec sa conscience, se demanda, « Donc qui ici est capable de comprendre le Dhamma? » Il vit Suppabuddha le lépreux assis dans l’assemblée, et en le voyant, la pensée lui vint, « Cette personne ici est capable de comprendre le Dhamma. » Donc, en visant Suppabuddha le lépreux, il donna une conférence pas-à-pas, c-à-d., une conférence sur la générosité, sur la vertu, sur le ciel; il déclara les inconvénients, la dégradation, et la corruption des passions sensuelles, et les récompenses du renoncement. Alors, lorsqu’il vit que l’esprit de Suppabuddha le lépreux était prêt, malléable, exempt d’obstacles, euphorique, et clair, alors il donna un cours de Dhamma spécifique aux Eveillés, c-à-d., le stress, l’origine, la cessation, et la voie. Et tout comme un tissu propre, exempt de taches, absorberait correctement une teinture, de la même manière, alors que Suppabuddha le lépreux était assis dans ce même siège, l’oeil du Dhamma sans poussière et sans tache surgit en lui, « Tout ce qui est sujet à l’origine est également sujet à la cessation. »

Ud 5.3 [Kutthi Sutta]

…hors-castes,

Je suis né dans une famille de basse condition,
pauvre, avec presque pas de nourriture.
Mon travail était dégradant:
Je recueillais les fleurs,
fanées, gâchées des sanctuaires
et et les jetais.
Les gens me trouvaient dégoûtant,
me méprisaient, me dénigraient.
Abaissant mon coeur,
Je faisais preuve de révérence à plusieurs.

Alors je vis l’Eveillé par Lui-même,
encadré par un escadron de bikkhus,
le Grand Héros, entrer dans la cité,
suprême, des Magadhans.
Jetant bas ma perche de transport,
je m’approchai de lui pour lui faire révérence.
Lui — l’homme suprême — se tint immobile
par sympathie
juste
pour moi.
Après avoir rendu hommage
aux pieds du maître,
je me tins d’un côté
et à lui, suprême parmi tous les êtres vivants,
je demandai à quitter la vie domestique.
L’Enseignant compassionné,
sympathique à tout le monde, dit:
« Viens, bikkhu. »
Ce fut là mon Acceptation formelle.

Alone, j’ai demeuré au désert,
infatigable,
j’ai suivi les paroles du Maître,
tout comme lui, le Conquérant, m’avait enseigné.

A la première veille de la nuit,
je me suis rappelé mes vies antérieures;
à la veille de minuit,
j’ai purifié l’oeil divin;
à la dernière,
a explosé la masse de l’obscurité.

Alors, comme finissait la nuit
et que le soleil revenait,
Indra et Brahma vinrent me rendre hommage,
les mains paume-à-paume sur leur coeur:
« Hommage à vous, ô pur-sang des hommes,
Hommage à vous, ô homme suprême,
dont les fermentations sont finies.
Vous, cher monsieur, êtes digne d’offrandes. »

Thag 12.2 [Sunita the Outcaste]

…et les êtres célestes

« …de nombreuses centaines d’assemblées de dieux du ciel des Quatre Grands Rois… de nombreuses centaines d’assemblées de dieux du ciel des Trente-trois… de nombreuses centaines d’assemblées de la suite de Mara… de nombreuses centaines d’assemblées de Brahmas. Et auparavant, je m’étais assis avec eux là, et j’avais parlé avec eux et tenu des conversations avec eux… »

MN 12 [Maha-sihanada Sutta]

Le Bouddha enseigne sa famille, y-compris son fils Rahula,

« Renonçant aux cinq plaisirs des sens qui mettent en transe et ravissent l’esprit, et quittant de bonne foi la maison, deviens quelqu’un qui met un terme à la souffrance!

« Associe-toi avec de bons amis et choisis un habitat retiré, isolé, avec peu de bruit. Sois modéré dans le manger. Robes, nourriture d’aumônes, remèdes et un logis, — n’aie pas l’envie insatiable de ces choses; ne sois pas quelqu’un qui retourne au monde. Pratique la mesure selon la Discipline, et contrôle les cinq facultés sensorielles.

« Pratique l’attention du corps et développe continuellement l’impassibilité (envers lui). Evite le signe du beau en rapport avec la passion; en méditant sur l’immonde cultive un esprit qui est concentré et recueilli.

« Médite sur le Sans-signe et débarasse-toi de la tendance à l’orgueil. C’est en comprenant et en détruisant complètement l’orgueil que tu vivras dans la (plus haute) paix. »

De cette façon, le Seigneur exhortait continuellement le Vénérable Rahula.

Sn 2.11 [Rahula Sutta]

…sa mère adoptive, Mahapajapati Gotami,

J’ai entendu qu’une fois le Béni du Ciel se trouvait à Vesali, dans le la Halle au Toit pointu dans la Grande Forêt.

Alors Mahapajapati Gotami alla trouver le Béni du Ciel et, en arrivant, s’étant inclinée devant lui, se tint d’un côté. Tout en se tenant là elle lui dit: « Ce serait bien, vénérable monsieur, si le Béni du Ciel m’enseignait le Dhamma en brief de telle sorte que, ayant entendu le Dhamma du Béni du Ciel, je puisse demeurer seule, isolée, prudente, ardente, et résolue. »

« Gotami, les qualités dont tu peux savoir, ‘Ces qualités mènent à la passion, pas au sans-passion; à être enchaîné, pas à ôter les chaînes; à accumuler, pas à dépouiller; à se donner de l’importance, pas à la modestie; au mécontentement, pas au contentement; à la complication sociale, pas à l’isolement; à la paresse, pas à la persévérence suscitée; à être encombrant, pas à ne pas être encombrant’: Tu peux absolument tenir que, ‘Ceci n’est pas le Dhamma, ceci n’est pas le Vinaya, ce ne sont pas les instructions du Maître.’

« Quant aux qualités dont tu peux savoir, ‘Ces qualités mènent au sans-passion, pas à la passion; à ôter les chaînes, pas à être enchaîné; à dépouiller, pas à accumuler; à la modestie, pas à se donner de l’importance; au contentement, pas au mécontentement; à l’isolement, pas à la complication sociale; à la persévérence suscitée, pas à la paresse; à ne pas être encombrant, pas à être encombrant’: Tu peux absolument tenir que, ‘Ceci est le Dhamma, ceci est le Vinaya, ce sont les instructions du Maître.' »

C’est là ce que le Béni du Ciel dit. Gratifiée, Mahapajapati Gotami se réjouit de ses paroles.

AN 8.53 [Gotami Sutta]

… et il guide son frère, Nanda, jusqu’à l’état d’arahant

J’ai entendu qu’une fois le Béni du Ciel se trouvait près de Savatthi, dans le Bosquet de Jeta, le monastère d’Anathapindika. Or à cette époque le Vén. Nanda — le frère du Béni du Ciel, fils de sa tante maternelle — dit à un grand nombre de bikkhus, « Je n’aime pas mener la vie sainte, mes amis. Je ne supporte pas la vie sainte. Je vais abandonner l’entraînement, et retourner à la vie commune. »

Alors un certain bikkhu alla trouver le Béni du Ciel et, en arrivant, s’étant incliné devant lui, s’assit d’un côté. Alors qu’il était assis là, il dit au Béni du Ciel: « Seigneur, le Vén. Nanda — le frère du Béni du Ciel, fils de sa tante maternelle — a dit à un grand nombre de bikkhus, ‘Je n’aime pas mener la vie sainte, mes amis. Je ne supporte pas la vie sainte. Je vais abandonner l’entraînement, et retourner à la vie commune.' »

Alors le Béni du Ciel dit à un certain bikkhu, « Va, bikkhu. En mon nom, appelle Nanda, en disant, ‘Le Maître t’appelle, mon ami.' »

« Comme vous voulez, seigneur, » répondit le bikkhu et, étant allé trouver le Vén. Nanda, en arrivant il lui dit, « Le Maître t’appelle, mon ami. »

« Comme tu veux, mon ami, » répondit le Vén. Nanda. Alors il alla trouver le Béni du Ciel et, en arrivant, s’étant incliné devant lui, s’assit d’un côté. Alors qu’il était assis là, le Béni du Ciel lui dit, « Est-il exact, Nanda, que tu ais dit à un grand nombre de bikkhus, ‘Je n’aime pas mener la vie sainte, mes amis. Je ne supporte pas la vie sainte. Je vais abandonner l’entraînement, et retourner à la vie commune.’? »

« Oui, seigneur. »

« Mais pourquoi, Nanda, n’aimes-tu pas mener la vie sainte? »

« Seigneur, lorsque j’ai quitté la maison, une fille des Sakya — la perle du pays — m’a regardé, avec ses cheveux à-demi peignés, et m’a dit, ‘Reviens-nous vite, seigneur.’ Me rappelant cela, je n’aime pas mener la vie sainte. Je ne supporte pas la vie sainte. Je vais abandonner l’entraînement, et retourner à la vie commune. »

Alors, prenant le Vén. Nanda par le bras — comme un homme fort pourrait plier son bras étendu ou étendre son bras plié — le Béni du Ciel disparut du Bosquet de Jeta et réapparut parmi les devas des Cieux Tavatimsa. Or à cette époque environ 500 nymphes aux pieds de colombe étaient venues servir Sakka, le chef des devas. Et le Béni du Ciel dit au Vén. Nanda, « Nanda, vois-tu ces 500 nymphes aux pieds de colombe? »

« Oui, seigneur. »

« Qu’en penses-tu, Nanda: Qui est plus jolie, plus belle, plus charmante — la fille des Sakya, la perle du pays, ou ces 500 nymphes aux pieds de colombe? »

« Seigneur, comparée à ces 500 nymphes aux pieds de colombe, la fille des Sakya, la perle du pays, est comme un bikkhu cauterisé au nez et aux oreilles coupées. Elle ne compte pas. Même pas pour une petite fraction. Il n’y a aucune comparaison. Les 500 nymphes aux pieds de colombe sont plus jolies, plus belles, plus charmantes. »

« Alors réjouis-toi, Nanda. Réjouis-toi! Je suis ta garantie d’obtenir 500 nymphes aux pieds de colombe. »

« Si le Béni du Ciel est ma garantie d’obtenir 500 nymphes aux pieds de colombe, j’aurai plaisir à mener la vie sainte sous la direction du Béni du Ciel. »

Alors, prenant le Vén. Nanda par le bras — comme un homme fort pourrait plier son bras étendu ou étendre son bras plié — le Béni du Ciel disparut de parmi les devas des Cieux Tavatimsa et réapparut dans le Bosquet de Jeta. Les bikkhus entendirent, « On dit que le Vén. Nanda — le frère du Béni du Ciel, fils de sa tante maternelle — veut mener la vie sainte dans le but de se faire des nymphes. On dit que le Béni du Ciel est sa garantie d’obtenir 500 nymphes aux pieds de colombe. »

Alors les bikkhus qui étaient amis du Vén. Nanda s’en allèrent lui parler comme on le ferait pour un journalier ou un vendeur: « Notre ami Nanda, dirent-ils, est un journalier. Notre ami Nanda, dirent-ils, est un vendeur. Il mène la vie sainte dans le but de se faire des nymphes. Le Béni du Ciel est sa garantie d’obtenir 500 nymphes aux pieds de colombe. »

Alors le Vén. Nanda — humilié, honteux, et dégoûté que les bikkhus qui étaient ses amis lui parlent comme on le ferait pour un journalier ou un vendeur — s’en alla demeurer seul, isolé, prudent, ardent, et résolu. En un rien de temps, il entra et demeura dans le suprême but de la vie sainte pour laquelle les hommes du clan quittent à juste titre la maison pour l’errance, sachant et se rendant compte par lui-même dans l’ici et maintenant. Il sut: « La naissance est finie, la vie sainte remplie, la tâche accomplie. Il n’y a plus rien pour moi en ce monde. » Et c’est ainsi que le Vén. Nanda devint un autre des arahants.

Ud 3.2 [Nanda Sutta]


 

Les derniers jours du Bouddha

Ananda remarque que le Bouddha se fait vieux

Or à cette occasion le Béni du Ciel, après être sorti d’isolement tard dans l’après-midi, s’assit à se réchauffer le dos au soleil de l’ouest. Alors le Vén. Ananda alla trouver le Béni du Ciel et, en arrivant, s’étant incliné devant le Béni du Ciel, massa les membres du Béni du Ciel avec sa main et dit, « C’est étonnant, seigneur. C’est remarquable, à quel point le teint du Béni du Ciel n’est plus aussi frais et clair; ses membres sont flasques et ridés; son dos, voûté; on peut discerner un changement dans ses facultés — la faculté des yeux, la faculté des oreilles, la faculté du nez, la faculté de la langue, la faculté du corps. »

« C’est comme ça, Ananda. Lorsqu’on est jeune, on est sujet au vieillissement; lorsqu’on est en santé, sujet à la maladie; lorsqu’on est vivant, sujet à la mort. Mon teint n’est plus aussi frais et clair; mes membres sont flasques et ridés; mon dos, voûté; on peut discerner un changement dans mes facultés — la faculté des yeux, la faculté des oreilles, la faculté du nez, la faculté de la langue, la faculté du corps. »

SN 48.41 [Jara Sutta]

Vers quel refuge devraient se tourner les disciples du Bouddha après sa mort?

« Or je suis frêle, Ananda, vieux, âgé, bien chargé d’ans. Je suis dans ma quatre-vingtième année, et ma vie est épuisée. De même qu’un vieux char, Ananda, est tenu ensemble avec grande difficulté, de même le corps du Tathagata be continue à marcher qu’avec des soutiens. C’est, Ananda, seulement lorsque le Tathagata, indifférent aux objets exérieurs, avec la cessation de certaines sensations, atteint à et demeure dans la concentration sans signe de l’esprit, que son corps est plus confortable.

« En conséquence, Ananda, soyez des îles pour vous-mêmes, des refuges pour vous-mêmes, à la recherche d’aucun refuge extérieur; avec le Dhamma pour votre île, le Dhamma pour votre refuge, à la recherche d’aucun autre refuge.

« Et comment, Ananda, un bhikkhu est-il une île pour lui-même, un refuge pour lui-même, ne cherche-t-il aucun refuge extérieur; avec le Dhamma pour son île, le Dhamma pour son refuge, à la recherche d’aucun autre refuge?

« Lorsqu’il reste à contempler le corps dans le corps, sincèrement, comprenant clairement, et attentivement, après avoir surmonté le désir et le chagrin en regard du monde; lorsqu’il reste à contempler les sensations dans les sensations, l’esprit dans l’esprit, et les objets mentaux dans les objets mentaux, sincèrement, comprenant clairement, et attentivement, après avoir surmonté le désir et le chagrin en regard du monde, alors, vraiment, il est une île pour lui-même, un refuge pour lui-même, il n’est à la recherche d’aucun refuge extérieur; ayant le Dhamma pour son île, le Dhamma pour son refuge, il n’est à la recherche d’aucun autre refuge. »

DN 16 [Maha-parinibbana Sutta]

Il renonce à son envie de continuer à vivre

« Aujourd’hui, Ananda, au sanctuaire Capala, Mara, le Méchant, s’est approché de moi, en disant: ‘Donc, ô Seigneur, bhikkhus, bhikkhunis et laïcs, hommes et femmes, sont venus se faire de vrais disciples du Béni du Ciel — sages, bien disciplinés, aptes et instruits, préservant le Dhamma, vivant selon le Dhamma, se maintenant dans le comportement approprié, et ayant appris les paroles du Maître, sont capables de l’exposer, le prêcher, le proclâmer, l’établir, le révéler, l’expliquer en détail, et le rendre clair; et lorsque des opinions contraires surviennent, ils sont désormais capables de les réfuter complètement et bien, et de prêcher ce Dhamma convainquant et libérateur.

« ‘Et maintenant, ô Seigneur, cette vie sainte enseignée par le Béni du Ciel a été couronnée de succès, elle est prospère, populaire, et elle se répand et s’est acquis une grande renommée, et elle est bien annoncée parmi les dieux et les hommes. En conséquence, ô Seigneur, que le Béni du Ciel en vienne à sa disparition finale! Que le Bienheureux disparaisse totalement! Le moment est venu pour le Parinibbana du Seigneur.’

« Et alors, Ananda, j’ai répondu à Mara, le Méchant, en disant: ‘Ne te donne pas cette peine, Méchant. Avant longtemps surviendra le Parinibbana du Tathagata. D’ici trois mois le Tathagata disparaîtra totalement.’

« Et c’est ainsi, Ananda, qu’aujourd’hui au sanctuaire Capala le Tathagata a renoncé à son envie de continuer à vivre. »

A ces paroles le Vénérable Ananda parla au Béni du Ciel, en disant: « Puisse le Béni du Ciel demeurer, ô Seigneur! Puisse le Bienheureux demeurer, ô Seigneur, à travers tous les temps du monde, pour le bien-être et le bonheur de la multitude, par compassion pour le monde, pour le bénéfice, le bien-être, et le bonheur des dieux et des hommes! »

Et le Béni du Ciel répondit, en disant: « Il suffit, Ananda. Ne supplie pas le Tathagata, car le temps est passé, Ananda, pour une telle supplication. »

DN 16 [Maha-parinibbana Sutta]

Sa dernière admonition aux bikkhus

« Or, ô bhikkhus, je vous dis que ces enseignements dont j’ai la connaissance directe et que je vous ai fait connaître — il faut que vous les appreniez, les cultiviez, pratiquiez fréquemment, complètement, que la vie de pureté puisse être établie et durer longtemps, pour le bien-être et le bonheur de la multitude, par compassion pour le monde, pour le bénéfice, le bien-être, et le bonheur des dieux et des hommes.

« Et que sont, bhikkhus, ces enseignements? Ce sont les quatre fondations de l’attention, les quatre efforts corrects, les quatre constituants du pouvoir psychique, les cinq facultés, les cinq pouvoirs, le sept facteurs de l’éveil, et le Noble Octuple Sentier. Ce sont là, bhikkhus, les enseignements dont j’ai connaissance directe, que je vous ai fait connaître, et qu’il vous faut apprendre, cultiver, développer, et fréquemment pratiquer, complètement, afin que la vie de pureté puisse être établie et puisse durer longtemps, pour le bien-être et le bonheur de la multitude, par compassion pour le monde, pour le bénéfice, le bien-être, et le bonheur des dieux et des hommes. »

Alors le Béni du Ciel dit au bhikkhus: « Donc, bhikkhus, je vous y exhorte: Toutes choses composées sont sujettes à disparition. Efforcez-vous avec sincérité. Le moment du Parinibbana du Tathagata est proche. D’ici trois mois le Tathagata disparaîtra totalement. »

DN 16 [Maha-parinibbana Sutta]

Son dernier repas

Et peu après que le Béni du Ciel eut mangé le repas pourvu par Cunda le forgeron, une violente maladie tomba sur lui, une dysenterie, et il souffrit de douleurs aigües et mortelles. Mais le Béni du Ciel les supporta attentivement, comprenant clairement et imperturbable.

Alors le Béni du Ciel parla au Vénérable Ananda, en disant: « Viens, Ananda, allons à Kusinara » Et le Vénérable Ananda répondit: « Qu’il en soit ainsi, Seigneur. »

DN 16 [Maha-parinibbana Sutta]

Il se retires à son lit de mort

Alors le Béni du Ciel avec une grande communauté de bikkhus s’en alla sur l’autre rive de la rivière Hiraññavati et se dirigea vers l’Upavattana, le bosquet de saules des Mallans près de Kusinara. A leur arrivée, il dit au Vén. Ananda, « Ananda, je t’en prie, prépare-moi un lit entre les saules jumeaux, avec la tête au nord. Je suis fatigué, et je vais me reposer. »

Répondant, « Comme vous voulez, seigneur, » le Vén. Ananda prépara un lit entre les saules jumeaux, avec la tête au nord. Alors le Béni du Ciel se coucha sur son côté droit dans la posture du sommeil du lion, avec un pied par-dessus l’autre, attentif et vigilant.

Or à cette époque les saules jumeaux étaient en pleine floraison, même si ce n’était pas le moment de la floraison. Ils déversèrent, jonchèrent et parsemèrent le corps du Tathagata en hommage envers lui. Des fleurs d’arbre-corail céleste tombèrent du ciel, déversant, jonchant, et parsemant l e corps du Tathagata en hommage envers lui. Une poudre céleste de bois de santal tomba du ciel, déversant, jonchant, et parsemant l e corps du Tathagata en hommage envers lui. Une musique céleste jouait dans le ciel, en hommage au Tathagata. Des chants célestes furent chantés dans le ciel, en hommage au Tathagata.

DN 16 [Maha-parinibbana Sutta]

Le Bouddha recommande quatre sites de pélerinage

« Ananda, il y a ces quatre places qui méritent d’être vues avec conviction par un homme de clan, qui méritent ses sensations d’urgence et de consternation (samvega). Quels quatre? ‘C’est ici que le que Tathagata est né’ est un endroit qui mérite d’être vu avec conviction par un homme de clan, qui mérite ses sensations d’urgence et de consternation. ‘C’est ici que le Tathagata s’est éveillé au sans pareil éveil correct par soi-même’… ‘C’est ici que le Tathagata a fait tourner l’inégalée Roue du Dhamma’… ‘C’est ici que le Tathagata a été totalement détaché dans la propriété sans reste de la Libération’ est un endroit qui mérite d’être vu avec conviction par un homme de clan, qui mérite ses sensations d’urgence et de consternation. Voici les quatre endroits qui méritent d’être vus avec conviction par un homme de clan, qui méritent ses sensations d’urgence et de consternation. Ils proviendront de la conviction, Ananda — bikkhus, bikkhunis, disciples laïcs hommes et femmes — aux endroits où ‘C’est ici que le Tathagata est né,’ ‘C’est ici que le Tathagata éveillé au sans pareil éveil correct par soi-même,’ ‘C’est ici que le Tathagata a fait tourner l’inégalée Roue du Dhamma,’ ‘C’est ici que le Tathagata a été totalement détaché dans la propriété sans reste de la Libération.’ Et quiconque meurt tout en faisant un pélerinage à ces lieux de mémoire avec un esprit clair et confiant pourra — à la dissolution du corps, après la mort — réapparaître dans une bonne destination, le monde céleste. »

DN 16 [Maha-parinibbana Sutta]

Des milliers de personnes pleurent l’imminent décès du Bouddha

Or à cette époque les Mallans de Kusinara avaient eu à faire dans leur salle d’assemblée. le Vén. Ananda s’en alla à la salle d’assemblée et à son arrivée leur annonça, « Ce soir, Vasitthas, dans la dernière veille de la nuit, aura lieu la Libération totale du Tathagata. Sortez, Vasitthas! Sortez, Vasitthas! N’ayez pas plus tard à regretter que ‘ la Libération totale du Tathagata a eu lieu à l’intérieur des limites de notre propre ville, mais nous n’avons pas été le voir à sa dernière heure!' » Lorsque ils entendirent le Vén. Ananda, les Mallans ensemble avec leurs fils, filles, et épouses furent choqués, attristés, leurs esprits débordèrent de chagrin. Certains d’entre eux pleurèrent, en s’arrachant les cheveux; ils pleurèrent, en levant leurs bras auc iel. Comme si leurs pieds avaient été coupés sous eux, ils tombèrent et se roulèrent par terre, en pleurant, « Très bientôt, le Béni du Ciel sera totalement détaché! Très bientôt, le Bien-allé sera totalement détaché! Très bientôt, le Celui qui a des Yeux disparaîtra du monde! »

Alors les Mallans ensemble avec leurs fils, filles, et épouses — choqués, attristés, leurs esprits débordant de chagrin — allèrent trouver le Vén. Ananda à Upavattana, le bosquet de saules des Mallans près de Kusinara.

DN 16 [Maha-parinibbana Sutta]

Tant qu’on pratiquera le Noble Octuple Sentier, il y aura des arahants

« Dans toute doctrine et discipline on ne trouve pas le noble octuple sentier, on ne trouve aucun contemplatif des premier… deuxième… troisième… quatrième ordre [entré dans le courant, une-fois retournant, non-retournant, ou Arahant]. Mais dans toute doctrine et discipline où on trouve le noble octuple sentier, on trouve des contemplatifs des premier… deuxième… troisième… quatrième ordre. On trouve le noble octuple sentier dans cette doctrine et discipline, et c’est ici qu’il y a des contemplatifs des premier… deuxième… troisième… quatrième ordre. Les autres enseignements sont vides de contemplatifs avisés. Et si les bikkhus restent dans le droit chemin, ce monde ne sera pas vide d’Arahants. »

DN 16 [Maha-parinibbana Sutta]

Les paroles d’adieu du Bouddha

[Date: 1 EB]

Alors le Béni du Ciel s’adressa aux bikkhus, « Or donc, bikkhus, je vous exhorte: Toutes les constructions mentales sont sujettes à se décomposer. Arrivez à la complétude en étant prudents. » Ce furent les dernières paroles du Tathagata.

Alors le Béni du Ciel entra dans le premier jhana. En en émergeant, il entra dans le deuxième jhana. En en émergeant, il entra dans le troisième… le quatrième jhana… la dimension de l’infinitude de l’espace… la dimension de l’infinitude de la conscience… la dimension de la vacuité… la dimension de ni perception ni non-perception. En en émergeant, il entra dans la cessation de perception et la sensation.

Alors le Béni du Ciel, étant sorti de la cessation de perception et sensation, entra dans la dimension de ni perception ni non-perception. En en émergeant, il entra dans la dimension de la vacuité… la dimension de l’infinitude de la conscience… la dimension de l’infinitude de l’espace… le quatrième jhana… le troisième… le deuxième… le premier jhana. En émergeant du premier jhana il pénétra dans le deuxième… le troisième… le quatrième jhana. En émergeant du quatrième jhana, immédiatement il fut totalement Libéré.

DN 16 [Maha-parinibbana Sutta]


 

Post-Scriptum:
Les nombreux noms du Bouddha 
Ici suivent quelques unes des nombreuses épithètes qui apparaissent dans le suttas en référence au Bouddha. Les passages de sutta indiqués en contiennent des exemples.

  • Le Tout-Voyant: Iti 112
  • L’Eveillé (buddho): AN 11.12
  • Le meilleur de ceux qui peuvent être dressés: Iti 112
  • Le Béni du Ciel (bhagava): AN 11.12
  • Taureau parmi les hommes: Sn 3.11
  • Taureau parmi les voyants:  Sn 3.11
  • Taureau du clan des Sakya:  Sn 3I.11
  • Chef de caravane: Iti 84
  • Conquérant des bêtes:  Sn 3.11
  • Accompli en connaissance et en comportement (vijja-carana-sampanno): AN 11.12
  • Dissipateur de l’obscurité: Iti 38
  • Doté de toutes les marques d’éminence:  Snp 3.1
  • Expert par rapport au monde (lokavidu): AN 11.12
  • Premier au monde: Iti 84
  • Joyau le plus éminent: Sn 3.11
  • Le plus éminent de toutes gens: Sn3I.11
  • Plus éminent des carristes: Thag 6.9
  • Plus éminent de ceux qui peuvent traverser:  Iti 112
  • Sage le plus éminent:  Sn 3.11
  • Donateur du sans-mort: MN 18
  • Grand Homme (naga): Ud 5.6
  • Grand voyant: Sn 4.14
  • Parent du soleil: Sn 4.14
  • Taureau sans pareil: SN 1.38
  • Correctement éveillé par lui-même (samma-sambuddho): AN 11.12
  • Indicateur du chemin: MN 107
  • Suprême parmi ceux qui peuvent être libérés: Iti 112
  • Tathagata (l’ « Ainsi-allé » ou « Ainsi-venu »): Iti 112
  • Enseignant des êtres divins et humains (sattha deva-manussanam): Iti 112
  • Complètement mature: Iti 112
  • Chef ultime: Thag 6.9
  • Invincible conquérant: Iti 112
  • Entraîneur sans pareil de ces personnes dignes d’être domptées (anuttaro purisa-damma-sarathi): AN 11.12
  • Insurpassé médecin et chirurgien: Iti 100
  • Bien-allé (sugato): AN 11.12
  • Brandissant le pouvoir: Iti 112
  • Le Digne (arahant): AN 11.12